L’édition scientifique: La nécessité d’avoir des journaux africains de bon niveau, Par Cheikh SOKHNA*

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Après l’adage « Publish or Perish », l’évaluation de la recherche scientifique par la publication est devenue l’un des fondements de la validation du travail scientifique. Bien que controversée, cette « mesure » de la qualité des chercheurs conditionne les budgets publics qui leur sont alloués dans les pays développés.

Dans un contexte de concurrence internationale, la publication d’un article scientifique permet d’identifier, de mesurer et de caractériser la production d’un chercheur ou d’un établissement. L’évaluation scientifique, qui se veut simple et objective, utilise des comptages de publications (mesure de production) ou des comptages de citations (mesure d’impact). Les résultats des statistiques à partir des données de citations permettent des comparaisons.

La communication scientifique est indispensable pour permettre aux chercheurs de diffuser leurs résultats de recherche et permettre l’avancée des travaux en cours. Elle se fait le plus souvent sous la forme de publication d’articles, de livres ou de communications en conférence.

Les découvertes scientifiques ont stimulé l’expansion économique, créé de nouveaux métiers et professions et permis aux hommes et aux femmes de trouver des occupations adaptées à leurs aptitudes en même temps qu’à leurs goûts (meilleure santé, surveiller notre santé, produire des médicaments pour guérir les maladies et soulager maux et douleurs, approvisionnement en eau potable pour nos besoins fondamentaux, bonne alimentation, infrastructures, cadre de vie, transport…).

A première vue, il semble que le progrès technique permette aux hommes d’être plus heureux. Il permet une meilleure maîtrise de la nature, plus de productivité et de qualité, de la diversité des productions humaines.

Cependant, le continent africain produit une très faible part des publications scientifiques mondiales (3,2% seulement selon les données des moteurs de recherche comme de Web of Science ou Google Scholar). La recherche sénégalaise demeure faiblement financée alors que se jouent en Afrique des transformations qui peuvent influencer le monde dans son ensemble.

Publier c’est avant tout rendre visible ses travaux et diffuser des connaissances nouvelles. Publier c’est aussi se rendre visible dans la communauté scientifique internationale. Cela permet ainsi de développer son employabilité, évoluer tout au long de sa carrière, ou encore obtenir des financements pour sa recherche. D’où la nécessite d’avoir des journaux africains de bon niveau comme Global Africa Journal.

*IRD Dakar, IHU Marseille

Cheikh Sokhna est chercheur à l’IRD, Directeur de l’URMITE au Sénégal et Responsable des observatoires de population et de santé de l’IRD au Sénégal. Il est Paludologue et étudie en même temps l’épidémiologie des agents pathogènes émergents responsables de maladies fébriles en Afrique de l’ouest.

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