Afrique de l’Ouest: renforcer le projet originel de la monnaie commune ECO plutôt que de postuler au BRICS+

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Le débat sur la dé-dollarisation s’intensifie avec l’approche du sommet des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) prévu en Afrique du sud ce mois d’août. Nous notons de plus en plus une importante baisse de la confiance dans le dollar. 

Un sujet qui anime depuis un certain temps les marchés financiers. Il serait alors important de comprendre les enjeux de cette nouvelle monnaie commune et l’importance d’une monnaie commune aussi forte que le dollar ou qui pourrait être en passe de détrôner le dollar dans le futur. Depuis le début de la guerre entre l’Ukraine et la Russie, l’embargo de la Russie et donc par ricochet de la monnaie Rouble, on a constaté une chute drastique de l’euro face au dollar. Ceci s’explique par une forte baisse des transactions en Euro passant de 33% à 11% en avril dernier.

De ce fait, l’émergence d’une nouvelle monnaie commune pourrait recréer un équilibre économique mondial sachant le poids commercial et économique des BRICS. Une monnaie commune est un type de monnaie qui est utilisé par plusieurs pays ou régions. Les pays membres décident des modalités de création, de gestion et de régulation de la monnaie commune. Ensuite, chaque pays membre respectera les règles communes en matière de politique monétaire, fiscale et économique afin de maintenir la stabilité de la monnaie commune.

Les avantages de cette monnaie commune BRICS incluent la suppression des coûts et des risques de change pour les échanges commerciaux entre les pays membres, la réduction des coûts de transaction et l’amélioration de la stabilité économique. Une stabilité économique que ceux qui menaient une guerre commerciale contre la Russie, voulaient saper en bloquant toutes les transactions possibles avec celle -ci : Swift par exemple, ainsi dans le but de réduire les capacités financières de la Russie. 

Par contre, l’adoption d’une monnaie commune nécessite une coordination et une harmonisation étroites entre les pays membres, ainsi que l’acceptation de la perte de souveraineté monétaire. Les BRICS c’est 40% de la population mondiale et ¼ du PIB mondiale selon le magazine financier suisse All News.com. Les différences de performance économique entre les pays membres peuvent également entraîner des tensions et des déséquilibres dans le système de monnaie commune. Les autres États membres du BRICS, ont-ils suffisamment mesuré l’impact des conséquences désastreuses de la guerre entre la Russie et l’Ukrainesur l’économie russe ainsi que les éventuelles ripostes des USA et pays européens pour dissuader la création ou émergence de cette nouvelle devise. Ou comptent-ils seulement sur la puissance économique de la Chine pour tirer le reste des économies du bloc ? 

Dans mes précédents éditos ou même mon livre sur les IPOs, j’avais expliqué les nombreux avantages d’aller vers la mise en place d’une monnaie commune comme l’ECO originelle avec le Ghana et le Nigeria (deuxgéants économiques de l’Afrique de l’ouest). Cette monnaie ECO avec le Nigéria et le Ghana pourrait jouer convenable sa partition dans la nouvelle redistribution des cartes économiques si toute fois la monnaie BRICS venait de naître. Ces deux monnaies réorganiseront l’architecture du commerce mondial car une forte monnaie crée une importante attractivité des investissements étrangers : les investisseurs étrangers sont souvent attirés par les monnaies fortes car cela leur garantit une valeur sûre pour leurs investissements et une relative stabilité du marché. L’ECO et la nouvelle monnaie BRICS pourraient créer une augmentation du pouvoir d’achat des populations des deux zones : les personnes qui ont des revenus libellés dans une monnaie forte ont plus de pouvoir d’achat lorsqu’ils voyagent à l’étranger et lorsque les taux de change sont en leur faveur.

Les Etats comme le Sénégal et le Nigéria avaient postuler pour rejoindre cette monnaie BRICS mais ils gagneraient plus à renforcer et mettre en marche le projet originel de la monnaie ECO, plutôt que de postuler au projet d’expansion nommé BRICS+.

Meissa Lo

Source: Financial Afrique

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