Ram Etwareea Cet éditorial bien écrit, résume le drame cornélien auquel sont confrontées la plupart des économies africaines.
Industrialiser l’Afrique par la transformation endogène et maîtrisée de ses abondantes ressources, est la seule voie pérenne pour éliminer la pauvreté sur le continent et créer de la prospérité partagée.
Mais pour y arriver, la prégnance des systèmes et structures de la coopération au développement qui fait toujours se resserrer l’étau du piège de la dette dans lequel les gouvernements africains sont tombés, est le principal obstacle à éliminer, rapidement et durablement.
Comme le montre cet éditorial, l’industrialisation requiert des investissements massifs en termes d’infrastructures à même de faire émerger des opportunités économiques et de les faire réaliser par le secteur privé.

Mais un état africain lourdement endetté et obligé de conclure des accords de sauvetage financier avec le FMI et la Banque Mondiale verra ces deux institutions lui restreindre ses capacités d’endettement et d’investissement dans ces types d’infrastructures dont son économie a besoin. Parce qu’elles dictent les conditions pour assurer le paiement de leur créances à elles.
Et comme d’habitude, conclure ce genre d’accord avec ces deux institutions ouvre de facto, la voie à la soumission aux règles ultra-libérales d’ouverture commerciale que prescrit leur troisième sœur cadette qu’est l’OMC.
Ce n’est pas pour rien que des dirigeants et cadres de la Banque Mondiale, du Fonds Monétaire International et de l’Organisation Mondiale du Commerce passent d’une institution à l’autre.Cette transhumance institutionnelle assure la pérennisation de la pensée unique.
Plus inquiétant, cette transhumance institutionnelle touche la Banque Africaine de Développement que l’on pouvait espérer avoir quelque autonomie en matière de développement économique pour l’Afrique. Mais, elle sert les mêmes types de recettes.
Il faut noter que des cadres de ces institutions multilatérales se retrouvent aussi à transhumer entre ces institutions et des gouvernements africains. Rien de plus efficace pour servir les mêmes recettes aux mêmes clients. Donc, les clients et les fournisseurs sont les mêmes personnes.
Vue sous cette perspective, sauver les populations africaines en rompant les vulnérabilités verticales de leurs économies qui les prennent en otage et les livrent à la prédation, passera certainement par une révolution, c’est à dire, un profond changement de structures.
Cette révolution devra certes commencer par concevoir des stratégies de développement endogènes intégrées, repenser le modèle d’engagement des pays africains avec les institutions financières multilatérales et leurs paragons bilatéraux, mais mieux encore, elle devra s’appuyer sur des modèles de financement qui affranchissent les pays africains du piège de la dette.
J’ai ma petite idée sur ce modèle de financement! 😉

































