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Alioune Sall Paloma , Leçons apprises de la crise malienne .

 Il me semble qu’une des leçons que l’on doit tirer de cela, c’est que nous sommes dans des environnements où la stabilité est loin d’être garantie. Nous sommes dans des environnements où les équilibres sont relativement fragiles. Lorsque vous regardez les pays du sahel, pendant très longtemps, ils ont été des pays pauvres mais en relative paix.

Aujourd’hui, ces pays sahéliens sont toujours des pays pauvres. Leur statut n’a pas changé à cet égard. Mais ils sont tous en proie à une instabilité politique, institutionnelle et sécuritaire Et la première leçon qu’il fauttirer de cela, c’est qu’il faut en avoir conscience et s’interroger sur les causes de cette vulnérabilité.     A mon avis, ces causes sont au nombre de deux. Il y a d’une part l’échec du projet de développement qui était le projet postcolonial. Comment promouvoir un développement rapide et inclusif de nos économies, et ne pas simplement poursuivre la mise en valeur de type colonial qui avait prévalu depuis la seconde guerre mondiale ? Ce projet de développement inclusif a échoué parce que même s’il y a croissance économique, elle a été mal distribuée, les fruits de la croissance ont été mal partagés et les inégalités sont parties en flèche dans les pays. Et ce projet a donc échoué.

L’autre grand projet postcolonial, c’était la construction d’une nation homogène dans laquelle, la diversité, loin d’être une menace à l’unité nationale, serait au contraire au cœur de la construction d’un ensemble national.

Ce projet aussi est aujourd’hui en difficulté dans nombre d’endroits dans cette région ouest africaine. On assiste aujourd’hui, non pas à l’émergence d’un sentiment national ou à la consolidation d’un sentiment national, mais plutôt à l’exacerbation des crises identitaires. Ce qui veut dire que ce projet a échoué. Donc, je crois qu’une des leçons qu’il faut tirer de cela, c’est qu’il est important de s’interroger sur le pourquoi de ces échecs.

Ensuite, je crois qu’il est temps que les dirigeants africains comprennent aujourd’hui qu’au fond, ceux qui font la révolution à moitié creusent leur propre tombeau. La démocratie, elle ne peut pas être à géométrie variable. Elle a ses exigences, ses règles et lorsqu’on s’engage dans des processus de démocratisation, il faut savoir qu’il y a un prix à payer et qu’il y a des risques inhérentes à cela. Il faut savoir au fond si l’on est prêt à payer ce prix. Et je dirais donc que ce qu’il faut, c’est tirer de là des enseignements et avoir un regard un tout petit peu prospectif pour savoir ce qui peut advenir dans notre région.

Que faut-il faire pour tirer parti d’un certain nombre de tendances qui sont favorables et contenir dans les limites raisonnables les risques inhérentes à tout processus de transformation ?

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Dernière modification le jeudi, 20 août 2020 10:54

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