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MESSAGE DU FORUM DES TIERS MONDE , Professeur Cherif Salif Sy , Dakar , Sénégal

Le système "néo libéral" mondialisé est en faillite éclatante. Il n'a plus aucune légitimité et les peuples en révolte le répètent. Toutes les populations subissent les effets de la pandémie combinés avec la crise multidimensionnelle du système dominant. Mais il est clair que ce sont les plus vulnérables et les migrants qui en souffririons plus. En Amérique latine, en Asie, en Afrique, en Europe de l’Est, partout où les services essentiels indispensables pour prévenir une pandémie n’existaient pas, la population est inquiète. En même temps qu’elle se soucis de la préservation des vie humaines, surtout celle des personnes à risque, elle manifeste son souci d’une démarche soucieuse de la justice sociale, du développement des communautés locales, de l'équité, des droits humains et des sensibilités culturelles. Pourtant, les leçons tirées des précédentes pandémies, notamment des flambées d'Ebola de 2014-2016, mettent en évidence l'importance des réponses sociales pour la gestion des crises et le redressement tant elles sont un complément essentiel des interventions médicales. En Europe occidentale et en Amérique du nord, la crise sociale produite par le capitalisme et le néolibéralisme s'approfondit de jour en jour avec Covid- 2019. Elle remet en question toute la construction de « l'Europe atlantique ». Ce dont nous sommes certains en ces moments, c’est qu’il est de plus en plus probable que la pandémie de Covid-19 marquera la fin du modèle de croissance né il y a quatre décennies avec la révolution Reagan-Thatcher, la conversion de la Chine au capitalisme productiviste et la disparition de l’URSS. L’épidémie de coronavirus a révélé la vulnérabilité de nos sociétés et renforcé la volonté de répondre à l’urgence climatique. Elle a aussi conforté les États, remis en cause une certaine mondialisation avec ses chaines de valeurs, de même que ses chaines de productions, entrainant des perturbations significatives de l’approvisionnement de tous les pays. Plus sérieusement aussi, , la pandémie induit une réévaluation de la valeur sociale des tâches jugées banales et aussi, la combinaison État minimal-économie de marché libre, qui apparaît tout à coup terriblement datée. En définitive, l’histoire suggère que les transitions entre les phases du développement capitaliste peuvent être dures et incertaines. Les populations elles, sont en résistance. Cette résistance avait déjà trouvé son expression dans les batailles contre le colonialisme hier et dans l’ajustement structurel unilatéral et les politiques de libéralisation.
Mais comme le faisait remarquer Samir lui-même, la bataille n'est pas encore gagnée, nulle part. Le capitalisme des monopoles et ses serviteurs politiques, aux abois, ont cette capacité à s'organisent en vue de la riposte.
Cette fois-ci aussi, il usera de tous les moyens pour étouffer le potentiel démocratique et révolutionnaire des avancées populaires par la mobilisation des moyens de pression économiques et financières encore à sa disposition. Il n'hésitera pas à renouer ses alliances avec des forces obscurantistes et réactionnaires qui prétendent déjà « offrir des solutions ». Ces forces qui sont en Europe et en Amérique du nord, dans le monde musulman, en Afrique, en Asie ou en Amérique du Sud. Ce qui est regrettable c’est que les importants mouvements populaires en action sont hélas, pour beaucoup d’entre eux et dans une large mesure, sur le terrain du rejet, sans avoir nécessairement encore des projets alternatifs positifs cohérents, à l'échelle des défis.
Pour beaucoup de Partis politiques aussi, la contestation ressemble à ce que j’appelle : « une contestation dans le système » c’est-à-dire que l’alternative qu’ils suggèrent se réduit à la recherche de la meilleure place pour leur pays, dans le système tel qu’il fonctionne réellement. Or « la contestation hors du système » militerait pour une DECONNEXION
Une déconnexion qui recherche avant tout à ce que les pays de la périphérie contrôlent le processus d’accumulation interne qui les orienterait vers un développement plus autonome, libéré de la dynamique et des intérêts économiques, sociaux et culturels des pays du centre, et plus encore de ceux des élites économiques et des multinationales. Une déconnexion dans laquelle l’effort productif est dirigé avant tout vers la production de moyens de production et de biens de consommation courante de la population, et non pas à la production de biens non traditionnels voués à l’exportation ou de biens de luxe pour les pays du centre et leurs alliés internes. Une déconnexion qui suppose la mise en place d’un modèle de développement de type socialiste toujours d’actualité, envisagé pour nous, comme un futur à construire, mais qui laisserait place à un large espace de participation politique et sociale tout en reconnaissant les indépendances et les autonomies ancestrales légitimes des peuples et des communautés. De la même manière, cette démarche devrait englober des efforts supranationaux et régionaux de plusieurs pays, gouvernements et peuples à la recherche d’une indépendance commerciale, financière, technologique et culturelle.
Une déconnection, enfin, qui ne signifie ni un repli sur soi ni une rupture avec le reste du monde.
Pour conclure, il faut comprendre qui est remis en question, aujourd’hui : ce n'est pas « le capitalisme néo libéral à visage inhumain » que certains prônent, mais le capitalisme comme mode de production et projet de société tout court et le néolibéralisme destructeur. Le capitalisme est devenu un système obsolète, qui a fait son temps, et ne peut être autre que ce qu'il est : destructeur de l'être humain, réduit à une marchandise jetable, destructeur des bases naturelles de la reproduction de la vie sur la planète, destructeur de l'autonomie des nations. Ce qui doit être compris, c'est qu'il n'y a pas de sortie acceptable de la crise du capitalisme en cours, permettant une restauration du système dans ce qu'il a d'essentiel., mais qu'il est urgent de développer des visions stratégiques de lutte s'inscrivant dans la perspective de l'invention d’un monde meilleur pour demain, de développer des propositions d'avancées par étapes dans cette direction.
Je termine par cette assertion de Joseph Stiglitz - Economiste et Prix Nobel d'économie et « père-fondateur » des programmes d’ajustement structurel qui semble vouloir rompre avec le système dominant : je cite, "peu de gens aujourd'hui défendent cette grande hypocrisie : on prétend aider les pays en développement alors qu'on les force à ouvrir leurs marchés aux produits des pays industriels avancés, qui eux-mêmes continuent à protéger leurs propres marchés. Ces politiques sont de nature à rendre les riches encore plus riches et les pauvres encore plus pauvres - et plus furieux." Voilà autant de raison pour continuer à apprendre de Samir Amin, dont les contributions à la théorie du développement dans le cadre d’un monde globalisé doivent être analysées et discutées au sein des universités et des organisations sociales et populaires les plus diverses. Pour nous les Africains et les Sénégalais, défendre les institutions et les organisations qu’il a créées AVEC SES AMIS, parmi lesquelles, ENDA et le CODESRIA, est le moins que l’on puisse faire pour un penseur qui a offert beaucoup à notre continent.
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