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Comment se remettre en marche en context post-crise covid ?

L’installation du Covid-19 dans nos sociétés, depuis décembre, a suscité plusieurs réactions parmi les décideurs et de nombreuses interrogations parmi les acteurs sociaux écartelés entre leur désir d’échapper à virulence de la pandémie et des suspicions alimentées par les antagonismes entre les USA et la Chine et par des opérations prêtées ou avérées de manipulation via les réseaux sociaux.

Réfléchir sur le vivre avec la Covid ou sur l’après Covid s’avère donc important en vue de générer des orientations susceptibles d’aider à la maitrise de notre futur. Pour ce faire, il convient d’abord d’identifier les problèmes phares soulevés par les citoyens et de déterminer quelques implications pratiques, en termes de choix sociétaux de développement, qui pourraient découler de certaines interrogations.

Panorama de la pandémie dans le monde

Un rapide survol des efforts mobilisés pour la prise en charge de la Covid-19, à travers le monde, laisse entrevoir, diverses tentatives de solutions. Selon les pays, celles-ci regroupent des mesures larges ou peu conséquentes de dépistage, d’isolement, d’Etat d’urgence sanitaire, de restrictions de regroupement et/ou de déplacement, d’adoption de dispositifs d’exception (lois d’urgence sanitaire, gouvernance par ordonnances) et de mobilisation de fonds de solidarité en direction des ménages, groupes socio-professionnels et entreprises.

Selon les Etats considérés, les décideurs publics ont développé (i) l’écoute des techniciens en Allemagne, à Maurice, au Maroc et à Hong Kong, des pays où la gouvernance clairvoyante bénéficie d’une forte adhésion des populations ; (ii) des mesures vigoureuses et opportunes dans des pays avec un pouvoir fort comme le Maroc, la Chine ou le Rwanda qui exige le port du masque dans les résidences multifamiliales ; (iii) des hésitations pernicieuses en Equateur, au Sénégal, en France, en Espagne ou en Italie qui ont favorisé la dissémination du virus avec des rassemblement politiques, religieux et/ou sportifs autorisés et (iv) enfin dans des pays règne le nihilisme (Chine qui dissimule la pandémie et stigmatise les Africains, USA avec un président sceptique et dans l’automédication, Brésil avec un président incrédule et manifestant contre le confinement…).

Toujours est-il que les populations de ces pays ont en commun d’avoir développé des attitudes de défiance ou de suspicion vis-à-vis de ce que devrait être l’ère post-Covid

Implications observables à travers le monde  

L’avènement de la Covid-19 a induit de nombreux bouleversements de nature à remettre en cause les rapports entre gouvernants et gouvernés.

Une crise de confiance quasi-généralisée

La pandémie a dérangé un certain nombre de perspectives de développement et mis à nu la fragilité des systèmes dans un monde où l’Homme est en proie à l’incertitude. Elle a aussi éveillé les soupçons de ceux qui voient un agenda caché derrière certains éléments de langage ou de vécu sur lesquels des réponses restent à apporter. A partir de ce moment, le leadership incarné les décideurs eux-mêmes sont forcément remis en question. Le virus a montré l’impréparation et la fragilité de la gouvernance dans des moments où il était requis des pouvoirs en place des décisions fortes, empreintes de neutralité et dénuées des pressions.

La Covid a déplacé les certitudes et installé le doute dans l’esprit des citoyens qui se posent de multiples questions relatives aux visées d’acteurs (Etats, firmes pharmaceutiques, célébrités…) aux intérêts contraires à leurs aspirations. Dans plusieurs pays, on s’interroge sur des lobbies avérés ou supposés et sur un nouvel ordre mondial destiné à assujettir les citoyens du monde.

La pandémie a même amené les populations à percevoir des stratégies eugénistes ou malthusiennes qui seraient reliées à la vaccination, dans un contexte de Covid, au regard des expériences vécues dans le passé (Afrique du Sud, USA, Afrique subsaharienne).

Il faut dire que le déficit de confiance ambiant n’est pas combattu par les décisions glaçantes de sacrifier les vieux inactifs (Exemple des EPAHD en France ou de l’arbitrage à l’âge en Italie) ou par des affirmations faisant état de faux tests de dépistages contaminés (au Nouveau Brunswick ou en Tanzanie où le président, Dr en Chimie, confirme les faits) dans un contexte où Madagascar propose un remède controversé, le Covid-organics (CVO), à base de la plante d’artémisia annua et d’autres plantes médicinales. 

La défiance vis-à-vis de l’autorité

Dans de nombreux pays, l’autorité de l’Etat est bafouée avec des forces de l’ordre agressées (USA, Ouganda, Allemagne, Equateur, Maroc…) par des activistes (pays développés) ou par des acteurs du secteur informel (pays en Développement) qui bravent le confinement qui pour exiger la prise en compte de leur opinion qui par instinct de conservation puisque leur survie dépend de leur travail.

Les prescriptions des personnes investies de responsabilités (décideurs politiques, médecins, enseignants…) sont discutées par des ignorants aux idées corrosives avec un potentiel de diffusion énorme dans des sociétés humaines fragilisées par leur l’ouverture aux réseaux sociaux devenue un facteur favorable à la propagation de rumeurs dont la crédibilité est renforcée par le nombre de clics ou de partages, par le dernier auteur ou par la personne respectée n’ayant pas résisté à les faire suivre.

Une telle situation est à l’origine d’éruption d’inquiétudes ou de mouvements d’humeur enregistrés dans de nombreux pays (Sénégal, Côte d’Ivoire, Afrique du Sud, Brésil, USA…) de nature à fragiliser la parole des décideurs publics et à éroder les systèmes mis en place pour le développement global des pays.

Tous ces éléments induits dans la société par la survenue de Covid-19 devraient être pris en charge à travers des réponses adaptées en vue d’en tirer le meilleur parti.

Les inflexions à apporter, restaurer la confiance

Pour faire face aux remises cause inéluctables auxquelles la société est déjà en butte, les décideurs publics seraient avisés, en premier lieu, d’œuvrer à l’instauration d’une nouvelle philosophie d’action basée sur la recherche de consensus.

La tension des acteurs vers le développement exige la construction d’un même idéal. Dans cette optique, les décideurs doivent d’abord faire appel aux valeurs élevées de la société. Sous ce rapport, l’exemplarité et la patience des dirigeants est requise.

Evidemment, pour que les cœurs battent à l’unisson, des gages s’imposent puisque les pouvoirs publics sont connus pour leur habitude d’user de récurrentes manipulations. Cela veut donc dire que pour vaincre les réticences motivées des divers acteurs du corps social, il va falloir opérer des ruptures symboliques.

Parmi ces éléments emblématiques, il y a lieu d’ériger la transparence au rang de viatique, de développer la veille stratégique et une communication centrée sur le savoir et de nature à lever les angoisses véhiculées à travers la toile.

A la faveur de la Covid, il convient de calmer la montée des inquiétudes, liées à la réduction voire la stérilisation des populations à partir de l’inoculation de vaccins et au contrôle de l’utilisation des données personnelles, au moyen de l’exercice d’une souveraineté assurant une pleine lisibilité des décisions publiques aux citoyens.

Se projeter vers les résultats en pariant sur la transformation digitale

Le deuxième aspect concerne les données. Crédibiliser les résultats appelle d’abord la construction de Systèmes de suivi-évaluation robustes. Pour bien gouverner, il faut pouvoir anticiper (Allemagne, Singapour, Taiwan) et être stratège (industrie textile du Maroc réorientée vers la production de masques exportées en France et aux USA, Taiwan qui se constitue un stock de sécurité en masques et interdit leur exportation, Maurice adepte du risque zéro qui a vaincu le virus mais maintient le confinement jusqu’au premier juin et renvoie malgré tout l’ouverture des classes en septembre). La prospective et la stratégie vont de pair avec des tendances générées par les données, ce qui fait de la production et de la gestion des données une option inévitable.

Les données permettent d’apprécier les situations et de se projeter sur une vision optimale à approcher au fur et à mesure que le contexte change. C’est en cela aussi que la prospective, planification à long terme, est intrinsèquement reliée aux démarches de suivi et d’évaluation à même d’aider à jauger les évolutions et de déterminer les inflexions en vue d’apporter les adaptations nécessaires aux décisions inspirant la performance.

Asseoir l’intervention sur ces éléments de rupture permet, dans un contexte de Covid ou dans d’autres, de prendre en charge l’impact de la pandémie sur tous les secteurs de la vie (social, économique…), comme en atteste l’exemple de la Corée du Sud et de Singapour qui ont procédé à un traçage numérique des malades confinés à domicile et dont les déplacements peuvent être suivis grâce à leurs portables ou leur carte bancaire.

De façon pratique et dans l’optique de se constituer des bases de données sûres, les pouvoirs publics doivent organiser les citoyens d’abord au niveau territorial (jusque dans les villages avec les cahiers de villages) en rapport avec l’administration déconcentrée en insistant particulièrement sur l’Etat civil qui génère la donnée de base par excellence à laquelle toutes les autres se greffent.

Les services utilisant les données sensibles (Etat civil, cadastre, impôts, urbanisme, chambre de commerce…) devraient être incitées à se montrer plus proactives. De la même manière, l’informel devrait être accompagné financièrement ou rendu plus sécure sous réserve de recensement et d’embrigadement dans les schémas de développement en insistant sur un argumentaire poussant ses membres à faire mieux pour le bien de tous.

Sous ce rapport, il s’agit aussi de se projeter vers une transformation digitale (ou numérique) de la société, concept renvoyant à l’utilisation par une organisation des TICs dans l’optique de faciliter la vie des populations et les usages professionnels à travers l’adoption de solutions numériques les plus appropriées.

Elle est adaptée à la société d’aujourd’hui caractérisée par des actifs relevant des générations X (nés entre 1960 et 1980), Y (nés entre 1980 et 2000) et Z, (nés après 2000) habituées aux smartphones et aux ordinateurs à partir desquels les processus de travail et les résultats s’opèrent.

Formaliser les process

Le troisième aspect de la question est un prolongement de la digitalisation et il concerne les processus de développement qu’il faudra identifier dans le détail en vue de les formaliser. Cela veut dire qu’il doit être question de les simplifier et de les sécuriser. De nos jours, aucun pays, au vu des bonnes pratiques éprouvées (Estonie, en particulier), ne devrait en être réduit à asseoir l’essence de ses modes d’organisation sur des systèmes présentiels et/ou compliqués. Simplifier les procédures, c’est disposer de schémas d’action élémentaires et routiniers conduisant, entre autres, à pouvoir payer une contravention, régulariser ses impôts, disposer de son extrait de naissance sans perte de temps et à distance, grâce à l’ordinateur ou au smartphone.

Cela étant, il s’agira alors de sécuriser les processus en figeant dans le marbre et en protégeant les citoyens des prédations par le moyen de transfert des risques et moins-values aux opérateurs (banques, sociétés…) auxquels ils sont en relation ou aux systèmes assuranciels.

L’automatisation et l’instauration de téléprocédures devraient donc constituer des évidences pour une société post-Covid, à l’image ce qui se fait déjà dans certains pays (Maroc, Suisse, Japon…)  ou comme des expériences récentes le laissent entrevoir dans certains pays du Sud (à la faveur de la pandémie, un jeune guinéen a inventé une tablette de diagnostic médical, de jeunes sénégalais ont produit des respirateurs artificiels bon marché ou des robots d’assistance médicale…).

De la même manière, il importe de rendre neutre les processus et de les inscrire dans des perspectives de développement. L’un des points de ruptures de l’ère post-Covid attendu par les citoyens concerne l’appui systématique des décideurs requis pour les innovations progressistes des acteurs (travailleurs de l’informel, sortants écoles de formation et universités, médecine traditionnelle…). Un autre point consiste pour les Etats à rendre banals certains processus et modes d’organisation (coopératives, détection génies de tous secteurs, valorisation et orientation chaque citoyen, équité sociale…) favorables au progrès global des nations.

Au terme de cette réflexion, non exhaustive, produite dans un contexte de gestion de Covid, ayant révélé un fiasco quasi général des décideurs politiques, il convient de retenir que les citoyens suspicieux attendent de leurs délégataires des gages de confiance et une bonne lisibilité des processus de développement.

Autrement, la tranquillité des sociétés humaines ne sera plus qu’un souvenir.

Oumar El Foutiyou B est écrivain, expert en Organisation

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Dernière modification le mercredi, 08 juillet 2020 11:35

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