{"id":1204,"date":"2023-06-30T13:50:00","date_gmt":"2023-06-30T13:50:00","guid":{"rendered":"https:\/\/rasa-africa.org\/fr\/?p=1204"},"modified":"2023-07-02T13:51:07","modified_gmt":"2023-07-02T13:51:07","slug":"quand-lafrique-aux-africains-devient-un-slogan-francafricain-par-thomas-deltombe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/rasa-africa.org\/fr\/2023\/06\/30\/quand-lafrique-aux-africains-devient-un-slogan-francafricain-par-thomas-deltombe\/","title":{"rendered":"Quand \u00abL\u2019Afrique aux Africains\u00bb devient un slogan fran\u00e7africain, par Thomas DELTOMBE*"},"content":{"rendered":"\n<p>La France a cette curieuse habitude, chaque fois qu\u2019elle est en difficult\u00e9 en Afrique, de se pr\u00e9senter comme la gardienne des int\u00e9r\u00eats du continent et de ses habitants. C\u2019est ce qui se produisit d\u00e8s lendemain de la Seconde Guerre mondiale, \u00e0 l\u2019aube de la guerre froide et de la d\u00e9colonisation. Concurrenc\u00e9 sur le continent par les \u00ab<small>&nbsp;<\/small>Anglo-Saxons<small>&nbsp;<\/small>\u00bb et dans une moindre mesure par l\u2019Union sovi\u00e9tique, qui se pr\u00e9sentent alors chacun \u00e0 leur mani\u00e8re comme les champions de l\u2019\u00e9mancipation africaine, Paris tente une contre-offensive&nbsp;: \u00ab<small>&nbsp;<\/small>Non, les Africains ne veulent pas l\u2019ind\u00e9pendance<small>&nbsp;<\/small>! Voyez F\u00e9lix Houphou\u00ebt-Boigny, voyez L\u00e9opold S\u00e9dar Senghor, et tant d\u2019autres&nbsp;: ils aiment la France<sup><a href=\"https:\/\/afriquexxi.info\/Quand-L-Afrique-aux-Africains-devient-un-slogan-francafricain#nb1\">1<\/a><\/sup><small>&nbsp;<\/small>!<small>&nbsp;<\/small>\u00bb Mais cette strat\u00e9gie perdante, \u00e0 contre-courant de l\u2019histoire, fait long feu. Confront\u00e9s au vent persistant de la d\u00e9colonisation, les dirigeants fran\u00e7ais se rendent \u00e0 l\u2019\u00e9vidence&nbsp;: il faudra bien se r\u00e9soudre \u00e0 restituer \u00ab<small>&nbsp;<\/small>l\u2019Afrique aux Africains<small>&nbsp;<\/small>\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce mot d\u2019ordre, qui trouve sa source dans les milieux \u00e9thiopianistes du&nbsp;XIX<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle et qui fut popularis\u00e9 par Marcus Garvey<sup><a href=\"https:\/\/afriquexxi.info\/Quand-L-Afrique-aux-Africains-devient-un-slogan-francafricain#nb2\">2<\/a><\/sup>&nbsp;\u00e0 l\u2019or\u00e9e des ann\u00e9es&nbsp;1920, fait des \u00e9mules dans les milieux nationalistes et panafricains. Il s\u00e9duit notamment le leader ind\u00e9pendantiste ghan\u00e9en Kwame Nkrumah, qui pr\u00e9cise d\u00e8s 1955 le sens de la formule&nbsp;:&nbsp;<em>\u00ab<small>&nbsp;<\/small>Quand nous parlons de l\u2019Afrique aux Africains nous ne voulons pas dire que nous voulons chasser les Europ\u00e9ens d\u2019Afrique. Cela signifie que nous entendons que les gouvernements coloniaux quittent l\u2019Afrique<\/em>&nbsp;<sup><a href=\"https:\/\/afriquexxi.info\/Quand-L-Afrique-aux-Africains-devient-un-slogan-francafricain#nb3\">3<\/a><\/sup>.<small>&nbsp;<\/small>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\u00ab<small>&nbsp;<\/small>RENDRE LES AFRICAINS RESPONSABLES DE LEUR DESTIN<small>&nbsp;<\/small>\u00bb<\/h2>\n\n\n\n<p>D\u00e9cid\u00e9 \u00e0 ne pas se laisser prendre de court, Paris s\u2019ing\u00e9nie \u00e0 la fin des ann\u00e9es&nbsp;1950 \u00e0 transformer en urgence ses alli\u00e9s africains en leaders ind\u00e9pendantistes. Senghor, qui regardait l\u2019ind\u00e9pendance comme une lointaine \u00e9ch\u00e9ance \u2013&nbsp;dans&nbsp;<em>\u00ab<small>&nbsp;<\/small>vingt ans<small>&nbsp;<\/small>\u00bb<\/em>&nbsp;peut-\u00eatre, confiait-il encore en 1953<sup><a href=\"https:\/\/afriquexxi.info\/Quand-L-Afrique-aux-Africains-devient-un-slogan-francafricain#nb4\">4<\/a><\/sup>&nbsp;\u2013 se convertit finalement \u00e0 l\u2019in\u00e9vitable au cr\u00e9puscule de la&nbsp;IV<sup>e<\/sup>&nbsp;R\u00e9publique. Houphou\u00ebt, en croisade contre les nationalistes africains, vit comme un d\u00e9chirement intime l\u2019ind\u00e9pendance que lui impose Charles de Gaulle en 1960. Quant \u00e0 L\u00e9on Mba, qui r\u00eavait de transformer le Gabon en d\u00e9partement fran\u00e7ais, il se voit s\u00e8chement remis dans le droit chemin&nbsp;:&nbsp;<em>\u00ab<small>&nbsp;<\/small>Allez, l\u2019ind\u00e9pendance comme tout le monde<sup><a href=\"https:\/\/afriquexxi.info\/Quand-L-Afrique-aux-Africains-devient-un-slogan-francafricain#nb5\">5<\/a><\/sup><small>&nbsp;<\/small>!<\/em>&nbsp;<small>&nbsp;<\/small>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi l\u2019Afrique fran\u00e7aise fut donc rendue \u00ab<small>&nbsp;<\/small>aux Africains<small>&nbsp;<\/small>\u00bb. Ou du moins&nbsp;: aux amis africains de la France. Et l\u2019id\u00e9e, si efficacement mise en pratique au sud du Sahara en 1960, inspire les n\u00e9gociateurs fran\u00e7ais en Alg\u00e9rie qui esp\u00e8rent y maintenir ce qui se peut des int\u00e9r\u00eats fran\u00e7ais en retournant \u00e0 leur profit le slogan panafricain (qu\u2019<em>El Moudjahid<\/em>, le journal du Front de lib\u00e9ration nationale, d\u00e9ployait fi\u00e8rement en une de son num\u00e9ro du 8&nbsp;d\u00e9cembre&nbsp;1958,&nbsp;<strong>voir ci-dessous<\/strong>).&nbsp;<em>\u00ab<small>&nbsp;<\/small>L\u2019esprit<\/em>&nbsp;[des pourparlers avec le&nbsp;FLN],&nbsp;<em>c\u2019est celui qui nous dirige depuis que nous avons entrepris la grande \u0153uvre de d\u00e9colonisation de l\u2019Afrique<\/em>, explique en 1961 Louis Joxe, ministre des Affaires alg\u00e9riennes&nbsp;<em><small>&nbsp;<\/small>; dans le monde tel qu\u2019il sera demain, nous nous sommes donn\u00e9 pour but de remettre l\u2019Afrique aux Africains et de rendre ceux-ci responsables de leur destin<\/em><sup><a href=\"https:\/\/afriquexxi.info\/Quand-L-Afrique-aux-Africains-devient-un-slogan-francafricain#nb6\">6<\/a><\/sup>.<small>&nbsp;<\/small>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Le slogan revient dans le d\u00e9bat public fran\u00e7ais au milieu des ann\u00e9es&nbsp;1970, dans une atmosph\u00e8re de nouveau empreinte de f\u00e9brilit\u00e9. Certes, la France a fort bien consolid\u00e9 ses positions en Afrique depuis les ind\u00e9pendances, mais celles-ci semblent alors dangereusement s\u2019effriter. De Dakar en 1968 \u00e0 Antananarivo en 1972, les jeunesses africaines contestent bruyamment, et parfois avec succ\u00e8s, le n\u00e9ocolonialisme fran\u00e7ais. Pire&nbsp;: sous la pression populaire ou par opportunisme, certains dirigeants africains, jusqu\u2019aux plus fid\u00e8les, commencent eux aussi \u00e0 protester. Certains critiquent le&nbsp;<a href=\"https:\/\/afriquexxi.info\/A-qui-profite-le-franc-CFA\">franc&nbsp;CFA<\/a>, d\u2019autres la pr\u00e9sence des bases militaires. On commence donc \u00e0 toiletter les accords de coop\u00e9ration.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais le plus grave est ailleurs&nbsp;: les puissances communistes, jusqu\u2019alors plut\u00f4t discr\u00e8tes sur le continent africain, s\u2019y engagent d\u00e9sormais massivement. La Chine multiplie les contacts dans les capitales africaines<sup><a href=\"https:\/\/afriquexxi.info\/Quand-L-Afrique-aux-Africains-devient-un-slogan-francafricain#nb7\">7<\/a><\/sup>. Cuba envoie des milliers de soldats dans les colonies portugaises pour appuyer les mouvements de lib\u00e9ration locaux. Et un spectre d\u00e9j\u00e0 ancien revient hanter la presse fran\u00e7aise&nbsp;: celui d\u2019une&nbsp;<em>\u00ab<small>&nbsp;<\/small>sovi\u00e9tisation de l\u2019Afrique<small>&nbsp;<\/small>\u00bb<\/em>&nbsp;pilot\u00e9e directement depuis Moscou.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\u00ab<small>&nbsp;<\/small>LA FRANCE REJETTE TOUTE FORME D\u2019IMP\u00c9RIALISME<small>&nbsp;<\/small>\u00bb<\/h2>\n\n\n\n<p>Pour contrer cette insupportable ing\u00e9rence russe, Val\u00e9ry Giscard d\u2019Estaing, arriv\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00c9lys\u00e9e en 1974, se pose en d\u00e9fenseur de l\u2019ind\u00e9pendance, de la souverainet\u00e9 et de l\u2019int\u00e9grit\u00e9 du continent africain.&nbsp;<em>\u00ab<small>&nbsp;<\/small>La France rejette, en ce qui la concerne, et en ce concerne les autres, toute forme ou toute tentation d\u2019imp\u00e9rialisme<small>&nbsp;<\/small>\u00bb<\/em>, lance-t-il devant Mobutu Sese Seko \u00e0 l\u2019occasion de sa visite \u00e0 Kinshasa en ao\u00fbt&nbsp;1975.&nbsp;<em>\u00ab<small>&nbsp;<\/small>Nous affirmons que l\u2019Afrique doit \u00eatre laiss\u00e9e aux Africains<small>&nbsp;<\/small>\u00bb<\/em>, ajoute-t-il le 10&nbsp;mai&nbsp;1976 en ouvrant le troisi\u00e8me sommet franco-africain devant un parterre d\u2019autocrates \u00ab<small>&nbsp;<\/small>amis de la France<small>&nbsp;<\/small>\u00bb. Et d\u2019insister, le lendemain, \u00e0 l\u2019occasion d\u2019un d\u00e9jeuner offert en leur honneur au ch\u00e2teau de Versailles&nbsp;:&nbsp;<em>\u00ab<small>&nbsp;<\/small>L\u2019avenir de l\u2019Afrique, je le r\u00e9p\u00e8te, est entre les mains des Africains. J\u2019exprime cette id\u00e9e en ayant notamment \u00e0 l\u2019esprit la sauvegarde de l\u2019ind\u00e9pendance de votre continent.<small>&nbsp;<\/small>\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le mot d\u2019ordre qui portait les espoirs africains se transforme ainsi en slogan giscardien. Fier de sa \u00ab<small>&nbsp;<\/small>trouvaille<small>&nbsp;<\/small>\u00bb, le pr\u00e9sident la recase dans tous ses discours&nbsp;: \u00e0 Libreville (ao\u00fbt&nbsp;1976), \u00e0 Bamako (f\u00e9vrier&nbsp;1977), \u00e0 Paris (juin&nbsp;1977), \u00e0 Abidjan (janvier&nbsp;1978),&nbsp;etc. Promen\u00e9e de capitale en capitale, l\u2019expression \u00ab<small>&nbsp;<\/small>l\u2019Afrique aux Africains<small>&nbsp;<\/small>\u00bb, dont Giscard se croit l\u2019inventeur, devient le mot d\u2019ordre officiel de la politique africaine de la France.&nbsp;<em>\u00ab<small>&nbsp;<\/small>Notre objectif, que j\u2019ai \u00e9t\u00e9 le premier \u00e0 proposer et qui a \u00e9t\u00e9 repris depuis par beaucoup d\u2019autres<\/em>, ressasse-t-il \u00e0 l\u2019occasion de la visite \u00e0 Paris de Senghor en mai&nbsp;1978,&nbsp;<em>est celui de l\u2019Afrique aux Africains, c\u2019est-\u00e0-dire un objectif qui consiste \u00e0 progresser vers une situation dans laquelle les Africains r\u00e9gleront eux-m\u00eames leurs probl\u00e8mes, entre eux, \u00e0 l\u2019africaine, dans le respect de leurs fronti\u00e8res, et sans ing\u00e9rence agressive venue de l\u2019ext\u00e9rieur<\/em>.<small>&nbsp;<\/small>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Une doctrine bien commode puisqu\u2019elle permet, selon les besoins, de faire tout\u2026 et son contraire. Sous pr\u00e9texte de non-ing\u00e9rence dans les affaires int\u00e9rieures des \u00c9tats partenaires, et par respect pour les&nbsp;<em>\u00ab<small>&nbsp;<\/small>coutumes africaines<small>&nbsp;<\/small>\u00bb<\/em>&nbsp;dont&nbsp;VGE&nbsp;chante les louanges sur toutes les tribunes, on laissera les dictateurs amis massacrer leur peuple, torturer les dissidents et s\u2019enrichir \u00e9hont\u00e9ment. Mobutu Sese Seko au Za\u00efre, Jean-Bedel Bokassa en Centrafrique et les autres sauront exploiter la mansu\u00e9tude fran\u00e7aise, en la stimulant au besoin par des contrats d\u2019armement (ou quelques diamants) et par des d\u00e9clarations alarmantes dans la presse hexagonale.&nbsp;<em>\u00ab<small>&nbsp;<\/small>Ne laissez pas l\u2019Afrique aux Russes<small>&nbsp;<\/small>\u00bb<\/em>, supplie Houphou\u00ebt dans&nbsp;<em>Paris-Match<\/em>&nbsp;en janvier&nbsp;1978<sup><a href=\"https:\/\/afriquexxi.info\/Quand-L-Afrique-aux-Africains-devient-un-slogan-francafricain#nb8\">8<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais le principe de non-ing\u00e9rence est \u00e9lastique. D\u00e8s lors que les suppos\u00e9s \u00ab<small>&nbsp;<\/small>int\u00e9r\u00eats de l\u2019Afrique<small>&nbsp;<\/small>\u00bb sont menac\u00e9s, Paris envoie ses troupes pour r\u00e9tablir l\u2019ordre. L\u2019interventionnisme militaire tricolore est si intense \u00e0 la fin des ann\u00e9es&nbsp;1970, du Tchad \u00e0 la Mauritanie, en passant par le Za\u00efre (pour sauver Mobutu) ou la Centrafrique (pour d\u00e9mettre Bokassa), que la France gagne le surnom de \u00ab<small>&nbsp;<\/small>gendarme de l\u2019Afrique<small>&nbsp;<\/small>\u00bb<sup><a href=\"https:\/\/afriquexxi.info\/Quand-L-Afrique-aux-Africains-devient-un-slogan-francafricain#nb9\">9<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\u00ab<small>&nbsp;<\/small>L\u2019AFRIQUE AUX AFRICAINS, CE N\u2019EST PAS L\u2019AFRIQUE AUX AUTRES<small>&nbsp;<\/small>\u00bb<\/h2>\n\n\n\n<p>Les observateurs ne manquent pas de souligner l\u2019\u00e9vidente contradiction.&nbsp;<em>\u00ab<small>&nbsp;<\/small>Solennellement affirm\u00e9 par le pr\u00e9sident Giscard d\u2019Estaing, le principe \u201cl\u2019Afrique aux Africains\u201d est assez vague pour, \u00e0 premi\u00e8re vue, recueillir un assentiment unanime<\/em>,&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.monde-diplomatique.fr\/1977\/05\/MANNING\/34211\">note<\/a>&nbsp;Robert A. Manning dans&nbsp;<em>Le Monde diplomatique<\/em>. [Mais]&nbsp;<em>les dissensions apparaissent n\u00e9cessairement \u00e0 la moindre tentative d\u2019en pr\u00e9ciser le sens concret.<small>&nbsp;<\/small>\u00bb<\/em>&nbsp;M\u00eame scepticisme du c\u00f4t\u00e9 du Parti socialiste, o\u00f9 l\u2019on sait bien que le slogan giscardien n\u2019est qu\u2019un \u00e9cran de fum\u00e9e&nbsp;:&nbsp;<em>\u00ab<small>&nbsp;<\/small>\u201cL\u2019Afrique aux Africains\u201d est une belle formule, encore faudrait-il l\u2019appliquer<small>&nbsp;<\/small>\u00bb<\/em>, ironise Lionel Jospin, alors secr\u00e9taire national du&nbsp;PS&nbsp;charg\u00e9 des relations avec les pays du tiers monde, en mai&nbsp;1978<sup><a href=\"https:\/\/afriquexxi.info\/Quand-L-Afrique-aux-Africains-devient-un-slogan-francafricain#nb10\">10<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Les pol\u00e9miques grandissantes sur la politique africaine de la France, dans le sillage de la ravageuse \u00ab<small>&nbsp;<\/small>affaire des diamants<small>&nbsp;<\/small>\u00bb de Bokassa<sup><a href=\"https:\/\/afriquexxi.info\/Quand-L-Afrique-aux-Africains-devient-un-slogan-francafricain#nb11\">11<\/a><\/sup>, oblige le gouvernement \u00e0 clarifier sa position. C\u2019est le ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res, Jean Fran\u00e7ois-Poncet, qui s\u2019en charge en d\u00e9cembre&nbsp;1979 \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e nationale. Affirmant que&nbsp;<em>\u00ab<small>&nbsp;<\/small>la France ne poursuit aucune vis\u00e9e h\u00e9g\u00e9monique<small>&nbsp;<\/small>\u00bb<\/em>&nbsp;en Afrique et qu\u2019<em>\u00ab<small>&nbsp;<\/small>elle continuera de respecter la souverainet\u00e9 de<\/em>&nbsp;[ses]&nbsp;<em>partenaires<small>&nbsp;<\/small>\u00bb<\/em>, il reconna\u00eet que ces principes ne doivent pas pour autant faire le jeu des puissances concurrentes, qui menacent&nbsp;<em>\u00ab<small>&nbsp;<\/small>la stabilit\u00e9 du continent noir<small>&nbsp;<\/small>\u00bb<\/em>. Une position qu\u2019il r\u00e9sume par une expression pleine d\u2019ambigu\u00eft\u00e9&nbsp;:&nbsp;<em>\u00ab<small>&nbsp;<\/small>L\u2019Afrique aux Africains, ce n\u2019est pas l\u2019Afrique aux autres<\/em><sup><a href=\"https:\/\/afriquexxi.info\/Quand-L-Afrique-aux-Africains-devient-un-slogan-francafricain#nb12\">12<\/a><\/sup>.<small>&nbsp;<\/small>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>La fameuse formule a en tout cas \u00e9t\u00e9 tellement r\u00e9p\u00e9t\u00e9e au cours du septennat de&nbsp;VGE&nbsp;que Pierre Biarn\u00e8s, correspondant du&nbsp;<em>Monde<\/em>&nbsp;en Afrique, en fait en 1980 le titre d\u2019un livre retra\u00e7ant l\u2019histoire des pays africains francophones depuis les ind\u00e9pendances&nbsp;<strong>(voir la couverture ci-dessous)<\/strong>. Un choix int\u00e9ressant quand on sait que le journaliste \u00e9tait lui-m\u00eame parfaitement int\u00e9gr\u00e9 dans les r\u00e9seaux&nbsp;<a href=\"https:\/\/afriquexxi.info\/Pierre-Biarnes-ou-les-egouts-du-journalisme-francafricain\">les moins rago\u00fbtants de la Fran\u00e7afrique<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Us\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 la corde, \u00e0 force d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 d\u00e9tourn\u00e9e de son intention originelle, la c\u00e9l\u00e8bre formule tombe en d\u00e9su\u00e9tude dans les ann\u00e9es&nbsp;1980 et 1990. Au terme de deux d\u00e9cennies de mitterrandisme, Lionel Jospin, arriv\u00e9 \u00e0 Matignon en 1997, tente de d\u00e9finir une doctrine plus \u00e9quilibr\u00e9e o\u00f9 la France respecterait la souverainet\u00e9 des Africains sans pour autant se d\u00e9sint\u00e9resser de leur destin. Ce qu\u2019il r\u00e9sume ainsi&nbsp;:&nbsp;<em>\u00ab<small>&nbsp;<\/small>ni ing\u00e9rence ni indiff\u00e9rence<small>&nbsp;<\/small>\u00bb<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\u00ab<small>&nbsp;<\/small>UN FAUX ALIBI POUR DICTATEURS<small>&nbsp;<\/small>\u00bb<\/h2>\n\n\n\n<p>\u00c9lu pr\u00e9sident du S\u00e9n\u00e9gal en 2000, Abdoulaye Wade revendique lui aussi un meilleur \u00e9quilibre dans les relations de l\u2019Afrique avec le reste du monde \u2013&nbsp;et tire quelques le\u00e7ons du pass\u00e9&nbsp;:&nbsp;<em>\u00ab<small>&nbsp;<\/small>\u201cL\u2019Afrique aux Africains\u201d est une conception d\u00e9pass\u00e9e et un faux alibi pour dictateur. Pour les Nations unies et pour certaines grandes puissances, c\u2019est un faux pr\u00e9texte pour ne pas intervenir et fuir leurs responsabilit\u00e9s. Pour certains pouvoirs africains, c\u2019est un moyen commode de p\u00e9renniser une dictature sans risque<\/em><sup><a href=\"https:\/\/afriquexxi.info\/Quand-L-Afrique-aux-Africains-devient-un-slogan-francafricain#nb13\">13<\/a><\/sup>.<small>&nbsp;<\/small>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>La formule revient cependant en catimini, dans les ann\u00e9es&nbsp;2000. On la retrouve par exemple au d\u00e9tour d\u2019une phrase dans le c\u00e9l\u00e8bre \u00ab<small>&nbsp;<\/small>discours de Dakar<small>&nbsp;<\/small>\u00bb de Nicolas Sarkozy en 2007&nbsp;:&nbsp;<em>\u00ab<small>&nbsp;<\/small>La France souhaite l\u2019unit\u00e9 de l\u2019Afrique, car l\u2019unit\u00e9 de l\u2019Afrique rendra l\u2019Afrique aux Africains.<small>&nbsp;<\/small>\u00bb<\/em>&nbsp;Une&nbsp;<em>\u00ab<small>&nbsp;<\/small>rh\u00e9torique creuse<small>&nbsp;<\/small>\u00bb<\/em>, tranche le chercheur Andr\u00e9 Julien Mbem<sup><a href=\"https:\/\/afriquexxi.info\/Quand-L-Afrique-aux-Africains-devient-un-slogan-francafricain#nb14\">14<\/a><\/sup>, qui cache bien mal la perp\u00e9tuation des logiques fran\u00e7africaines avec lesquelles les candidats promettent unanimement de rompre \u00e0 chaque campagne pr\u00e9sidentielle.<\/p>\n\n\n\n<p>Fran\u00e7ois Hollande, qui avait comme son pr\u00e9d\u00e9cesseur jur\u00e9 de&nbsp;<em>\u00ab<small>&nbsp;<\/small>rompre avec la Fran\u00e7afrique<small>&nbsp;<\/small>\u00bb<\/em>, tente de remettre au go\u00fbt du jour le mot d\u2019ordre jospinien. L\u2019id\u00e9e, comme il l\u2019expliquait dans son propre discours de Dakar en 2012, est d\u2019aider les Africains \u00e0 acqu\u00e9rir la&nbsp;<em>\u00ab<small>&nbsp;<\/small>capacit\u00e9 de g\u00e9rer eux-m\u00eames les crises que le continent traverse<small>&nbsp;<\/small>\u00bb<\/em>. Un \u00e9quilibre un brin paternaliste qui s\u2019effondre cependant avec la lourde intervention militaire fran\u00e7aise au Mali en janvier&nbsp;2013. S\u2019il s\u2019agit toujours d\u2019inciter les Africains \u00e0 g\u00e9rer \u00ab<small>&nbsp;<\/small>leurs propres affaires<small>&nbsp;<\/small>\u00bb, les milliers de militaires en treillis d\u00e9p\u00each\u00e9s au Sahel pour contenir les groupes djihadistes, les milliards d\u2019euros d\u00e9pens\u00e9s pour \u00ab<small>&nbsp;<\/small>stabiliser la r\u00e9gion<small>&nbsp;<\/small>\u00bb et le soutien affich\u00e9 aux r\u00e9gimes en place \u2013&nbsp;l\u00e9gitimes ou non&nbsp;\u2013 brouillent singuli\u00e8rement le message.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\u00ab<small>&nbsp;<\/small>D\u00c9MERDEZ-VOUS<small>&nbsp;<\/small>!<small>&nbsp;<\/small>\u00bb<\/h2>\n\n\n\n<p>Le refrain de \u00ab<small>&nbsp;<\/small>L\u2019Afrique aux Africains<small>&nbsp;<\/small>\u00bb remonte plus nettement \u00e0 la surface depuis que les d\u00e9cideurs fran\u00e7ais s\u2019inqui\u00e8tent des ing\u00e9rences russes sur le continent et de la popularit\u00e9 grandissante des mots d\u2019ordre panafricains. Invit\u00e9 \u00e0&nbsp;<a href=\"https:\/\/lcp.fr\/programmes\/ces-idees-qui-gouvernent-le-monde\/la-france-est-elle-en-train-de-perdre-l-afrique-152079\">d\u00e9battre de l\u2019avenir de la France en Afrique<\/a>&nbsp;sur le plateau de&nbsp;LCP&nbsp;le 8&nbsp;d\u00e9cembre&nbsp;2022, le journaliste Antoine Glaser, fin connaisseur des relations franco-africaines dont il suit les m\u00e9andres depuis quarante ans, semble subitement d\u00e9couvrir les vertus de la souverainet\u00e9 politique&nbsp;:&nbsp;<em>\u00ab<small>&nbsp;<\/small>Il faut arr\u00eater de penser qu\u2019on peut faire le bonheur de l\u2019Afrique&nbsp;: il faut laisser l\u2019Afrique aux Africains [\u2026]. Il faut arr\u00eater de dire aux Africains&nbsp;: \u201cattention, les Chinois vont vous exploiter\u201d, \u201cattention, les Russes\u2026\u201d Laissons-les<small>&nbsp;<\/small>! Moi, j\u2019aimerais un jour faire un livre en disant&nbsp;: \u201cD\u00e9merdez-vous<small>&nbsp;<\/small>!\u201d Laissons les Africains se d\u00e9merder avec l\u2019affaire<small>&nbsp;<\/small>!<small>&nbsp;<\/small>\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le pr\u00e9sentateur de l\u2019\u00e9mission, manifestement pris de court par tant d\u2019audace, oubliera d\u2019interroger son confr\u00e8re sur les implications d\u2019une telle profession de foi. Faut-il donc se laver les mains des ing\u00e9rences pass\u00e9es et de leurs dramatiques cons\u00e9quences<small>&nbsp;<\/small>? Les Africains n\u2019ont-ils pas, tout de m\u00eame, quelques comptes \u00e0 demander aux puissances qui leur ont impos\u00e9 des g\u00e9n\u00e9rations d\u2019autocrates sans scrupule et qui les ont si avidement pill\u00e9s<small>&nbsp;<\/small>?<\/p>\n\n\n\n<p>Lib\u00e9rer l\u2019Afrique des ing\u00e9rences \u00e9trang\u00e8res&nbsp;: tel est \u00e9galement le message du g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 la retraite Bruno Cl\u00e9ment-Boll\u00e9e. Ayant au cours de sa carri\u00e8re particip\u00e9 \u00e0 des interventions militaires au Tchad, en Centrafrique, \u00e0 Djibouti et en C\u00f4te d\u2019Ivoire, il a command\u00e9 la force Licorne dans ce dernier pays entre 2007 et 2008. D\u00e9sormais reconverti dans le priv\u00e9, il est lui aussi travaill\u00e9 par une puissante pr\u00e9monition qu\u2019il d\u00e9livre sur une page enti\u00e8re dans l\u2019\u00e9dition du&nbsp;<em>Monde<\/em>&nbsp;du 26&nbsp;janvier 2023, sous le titre&nbsp;:&nbsp;<em>\u00ab<small>&nbsp;<\/small>Fini, l\u2019Afrique domin\u00e9e, place \u00e0 l\u2019Afrique souveraine et son message&nbsp;: l\u2019Afrique aux Africains<small>&nbsp;<\/small>!<small>&nbsp;<\/small>\u00bb<\/em>&nbsp;Une tribune pleine de contrition dans laquelle l\u2019auteur reconna\u00eet donc entre les lignes que l\u2019\u00ab<small>&nbsp;<\/small>ind\u00e9pendance<small>&nbsp;<\/small>\u00bb accord\u00e9e il y a plus de soixante ans n\u2019\u00e9tait qu\u2019un mirage.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/rasa-africa.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/48a950fed7a45fd613d83c77c47d8400.jpg-1024x576.webp\" alt=\"\" class=\"wp-image-1206\" width=\"1014\" height=\"633\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p>On est presque g\u00ean\u00e9 par l\u2019ing\u00e9nuit\u00e9 du g\u00e9n\u00e9ral qui, affirmant avoir eu cette r\u00e9v\u00e9lation&nbsp;<em>\u00ab<small>&nbsp;<\/small>il y a quatre ans<small>&nbsp;<\/small>\u00bb<\/em>, \u00e9crit&nbsp;:&nbsp;<em>\u00ab<small>&nbsp;<\/small>\u201cL\u2019Afrique aux Africains\u201d, si je pressentais \u00e0 l\u2019\u00e9poque l\u2019importance du message, j\u2019\u00e9tais loin d\u2019en mesurer alors toute sa profondeur. Elle est colossale<small>&nbsp;<\/small>!<small>&nbsp;<\/small>\u00bb<\/em>&nbsp;Qu\u2019on se rassure cependant&nbsp;: si nous devons&nbsp;<em>\u00ab<small>&nbsp;<\/small>revisiter notre regard<small>&nbsp;<\/small>\u00bb<\/em>&nbsp;et&nbsp;<em>\u00ab<small>&nbsp;<\/small>prendre conscience que la situation a chang\u00e9<small>&nbsp;<\/small>\u00bb<\/em>, c\u2019est \u00e9videmment pour \u00e9viter&nbsp;<em>\u00ab<small>&nbsp;<\/small>d\u2019y rencontrer de s\u00e9rieuses difficult\u00e9s<small>&nbsp;<\/small>\u00bb<\/em><sup><a href=\"https:\/\/afriquexxi.info\/Quand-L-Afrique-aux-Africains-devient-un-slogan-francafricain#nb15\">15<\/a><\/sup>. Bref, il faut \u2013&nbsp;une fois de plus&nbsp;\u2013 rendre l\u2019Afrique aux Africains, pour ne pas y perdre pied.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"margin-top:116px\">*<em>\u00c9diteur et essayiste. Il est l\u2019un des auteurs du livre&nbsp;Kamerun<small>&nbsp;<\/small>! Une guerre cach\u00e9e aux origines de la Fran\u00e7afrique&nbsp;(La D\u00e9couverte, 2011) ainsi que de&nbsp;La Guerre du Cameroun. L\u2019invention de la Fran\u00e7afrique&nbsp;(La D\u00e9couverte, 2016). Il a \u00e9galement coordonn\u00e9 une histoire des relations franco-africaines&nbsp;:&nbsp;L\u2019Empire qui ne veut pas mourir. Une histoire de la Fran\u00e7afrique(Seuil, 2021). Pr\u00e9alablement, il avait publi\u00e9&nbsp;L\u2019Islam imaginaire. La construction m\u00e9diatique de l\u2019islamophobie en France, 1975-2005&nbsp;(La D\u00e9couverte, 2005) et co-dirig\u00e9 l\u2019ouvrage&nbsp;Au nom du 11&nbsp;septembre. Les d\u00e9mocraties \u00e0 l\u2019\u00e9preuve de l\u2019antiterrorisme&nbsp;(La D\u00e9couverte, 2008).<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Image: <em>Val\u00e9ry Giscard d\u2019Estaing et Jean-Bedel Bokassa le 3&nbsp;mars&nbsp;1975 \u00e0 l\u2019\u00c9lys\u00e9e. Le pr\u00e9sident fran\u00e7ais \u00e9tait persuad\u00e9 d\u2019avoir invent\u00e9 le mot d\u2019ordre \u00ab<small>&nbsp;<\/small>L\u2019Afrique aux Africains<\/em><strong><small>&nbsp;<\/small>\u00bb.<\/strong> \u00a9&nbsp;AFP<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La France a cette curieuse habitude, chaque fois qu\u2019elle est en difficult\u00e9 en Afrique, de se pr\u00e9senter comme la gardienne des int\u00e9r\u00eats du continent et de ses habitants. C\u2019est ce qui se produisit d\u00e8s lendemain de la Seconde Guerre mondiale, \u00e0 l\u2019aube de la guerre froide et de la d\u00e9colonisation. Concurrenc\u00e9 sur le continent par [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1205,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"tdm_status":"","tdm_grid_status":"","footnotes":""},"categories":[43],"tags":[],"class_list":{"0":"post-1204","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-palabres"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/rasa-africa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1204"}],"collection":[{"href":"https:\/\/rasa-africa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/rasa-africa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rasa-africa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rasa-africa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1204"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/rasa-africa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1204\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1208,"href":"https:\/\/rasa-africa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1204\/revisions\/1208"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rasa-africa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1205"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/rasa-africa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1204"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/rasa-africa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1204"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/rasa-africa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1204"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}