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Contribution : Réponse ouverte à M. Alassane D. Ouattara

Monsieur le Président,

 

C’est avec indignation que j’ai suivi votre communication à l’issue de votre entretien avec le petit Macron.

 

Monsieur le Président, je suis sûr que mon message ne tombera pas dans une sourde oreille car sur la question du Franc CFA, vous n’êtes point un profane !

 

Monsieur le président, les principes, mécanismes, systèmes sur lesquels le Franc CFA est adossé ne sont pas hors du périmètre de compréhension d’un ancien Directeur des études, ancien vice-gouverneur, ancien gouverneur et ancien Directeur général adjoint du FMI ; comprenez Son excellence que sur la question monétaire, votre riche parcours au sein d’institutions du nouvel ordre, prenant pour dogme le l’ultralibéralisme et œuvrant pour la paupérisation des peuples, n’est pas de nature à vous donner un jugement lucide dénué de déformation idéologique.

 

Monsieur le Président, permettez-moi de douter qu’un Franc CFA crée par une autorité française (provisoire), cosigné par un ministre des colonies et un ministre des finances, dans une ambiance d’après-guerre d’une France pillée, violée et ruinée par l’occupation nazi, appartienne aux africains !

 

Un franc CFA crée par décret en 1945, alors nous étions encore des colonies dans une « Union française » qui maximisait l’exploitation des territoires colonisés au seul bénéfice de la métropole.

 

Un franc CFA crée au lendemain d’une dévaluation du Franc et surévalué, n’obéissant à aucune logique économique dans le dessein de perpétuer le pacte colonial.

 

Monsieur le Président, ce Franc CFA vous appartient peut-être, vous et les fidèles vassaux de cette métropole décadente, mais ce n’est certainement pas le Franc CFA de ces masses condamnées par sa forte valeur et son arrimage insensé à l’euro.

 

Monsieur le Président, vous n’êtes pas sans savoir qu’à l’indépendance, la monnaie comme la défense, la diplomatie et tant d’autres domaines relevaient de la compétence de France qui assurait la présidence de cette fausse communauté que de Gaulle vendit aux africains grâce à son référendum de 1958.

Relève-t-il de la souveraineté, Son excellence, une Banque centrale crée avant nos indépendance (1959), antérieur à notre traité exigé de l’UMOA (1962) qui a eu comme gouverneur un fonctionnaire français jusqu’au milieu des années soixante-dix avec un siège à Paris et un personnel d’encadrement exclusivement français ?

 

De quelle souveraineté parlez-vous, Monsieur le Président, alors qu’à l’indépendance les états étaient tenus de laisser l’ensemble de leurs devises, leur stock d’or et toutes leurs opérations spécifiques entre les mains de fonctionnaires du ministère de l’économie et des finances de la France ?

 

Monsieur le Président, vous avez raison le franc CFA est antérieur à l’euro mais vous avez sans doute oublié que la mise en place de l’euro a obéit à un semblant de démocratie puisque les européens se sont prononcés avec des référendums pour valider les traités et accepter sa mise en circulation ; nous peuples d’Afrique n’avons jamais été consulté ni pour la création, ni dans sa mise en circulation encore moins dans ses changements de parité.

 

Monsieur le Président, si le franc CFA est un faux débat pour vous, donc vous n’êtes pas préoccupé par l’économie de notre sous-région car même les profanes savent que la monnaie n’est pas neutre surtout dans une union économique.

 

La question du Franc CFA est pourtant au centre des préoccupations de la CEDEAO qui envisage dans un proche avenir de lancer sa monnaie. La monnaie, toujours est au cœur de l’union africaine qui compte réaliser le traité d’Abuja avec à la clé la monnaie unique africaine. L’agenda 2063 de l’UA ne considère pas comme un faux débat l’agrégation des communautés économiques régionales qui de facto consacrera inéluctablement la fin de cette monnaie coloniale !

 

Monsieur le Président, j’étais triste quand vous disiez que le franc CFA est une monnaie forte, gérée uniquement par les africains et en circulation partout dans la sous-région.

 

Monsieur le Président, tout le monde sait qu’une monnaie forte rend la production de biens moins compétitifs par rapport à ceux des pays ayant des monnaies plus faibles. Ceci est de nature à décourager l’industrialisation, à encourager l’importation et à détériorer les termes de l’échange du fait de déficit commercial structurel.

 

Monsieur le Président, la gestion du franc CFA n’incombe pas uniquement aux africains en vertu de la fausse garantie de convertibilité illimitée du trésor français. Vous savez bien que la défense externe du franc CFA incombe au Trésor public français et la gestion à l’interne à travers les CNC, le CPM et le CA de la banque ; à tous les niveaux de ces instances mentionnées il y a des représentants français avec des voix délibératives et des prérogatives exorbitantes en tant que garant et assureur de ce système paternaliste antérieur à l’indépendance.

 

Monsieur le Président, l’épisode de la dévaluation a montré que cette monnaie est une propriété française car les chefs d’états de « l’AOF » avouent unanimement n’avoir pas agrée ni  être consulté alors qu’ils étaient, de jure, l’organe suprême de ce système de cette rapine organisé !

 

Monsieur le Président, comment s’enorgueillir de la circulation des francs CFA sur des frontières avec des peuples parents victimes des tracés d’un colon à l’origine de la majorité des maux de nos peuples ?

Pourtant à côté de ces circulations mineures dans des pays hors zone franc, les francs CFA de l’Afrique de l’ouest et ceux de l’Afrique

Centrale ne s’échangent pas et aucun CFA ne circule dans l’espace sœur !

 

Monsieur le Président, vous identifiez cette monnaie à un instrument stabilisant gage de performances économiques pour les états qui la compose. Cette monnaie est partagée par des états pauvres et très endettés ; sur les huit pays de la zone UEMOA, les sept (7) appartiennent aux PMA (rapport CNUCED 2017). Les huit pays qui la composent ont des croissances réelles très faibles du fait de la prééminence des firmes étrangères et de l’appropriation de leurs ressources stratégiques par des puissances du nord. La basse inflation rigoureusement observée par l’institut d’émission (BCEAO) n’est pas de nature à encourager des croissances fortes. Sur ce chantier, même le FMI encourage des taux d’inflation supérieur à 5% pour les états de l’Afrique subsaharienne afin d’atteindre leurs objectifs de croissance.

 

Monsieur le Président, le système du franc CFA a été décrié par l’extrême droite française, des officiels partout dans le monde et de grands intellectuels du continent, mais aussi surprenant que cela puisse paraître, il n’y a que des présidents d’Afrique qui se battent pour son maintien en affirmant lâchement que sa gouvernance est africaine.

 

Monsieur le Président, votre intervention ne fût ni brillante ni sincère et cela confirme pour nous autres aspirants à la souveraineté que la question du Franc CFA était au cœur de vos échanges avec le président

Macron. En réalité, vous êtes dans un rôle de préfet de la France en œuvrant pour le maintien de cette monnaie qui vit ses derniers instants et nous dans les débats de l’heure pour délivrer nos pays de l’assistanat et de la subordination.

 

Monsieur le Président, je ne peux que prier pour votre salut en vous rappelant que vous n’êtes pas un commis de la France même si elle a participé à vous placer à la tête de la Côte d’Ivoire. La révolution est en marche et l’indépendance en vue, la France est consciente que son influence est en déclin face à cette jeunesse résolue à tirer un trait sur le néocolonialisme.

 

Veillez agréer, Monsieur le Président, mes cordiales salutations.


Cheikh Oumar DIAGNE

SG du Rassemblement pour la Vérité

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Dakar, le 18 Février 2019.

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Dernière modification le vendredi, 22 février 2019 12:04

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