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Rapport Alternatif Sur l’Afrique numéro Un Appel à contributions

Rapport Alternatif Sur l’Afrique numéro Un

Appel à contributions

 

Les souverainetés : quelles souverainetés ? Les États ont-ils les moyens de leur souveraineté ? Comment l’exercent-ils ? Sur quelles institutions reposent l’exercice de leur souveraineté ? Quelle place est réservée aux citoyens et organisations de la société civile ?

 

Contexte et justification

Le Rapport Alternatif sur l’Afrique (RASA) est une initiative d’Enda Tiers Monde, du CODESRIA, de l’Institut des Futurs Africains (IFA), le Forum du Tiers Monde (FTM), la Fondation Rosa Luxembourg (FRL), l’International Institut for Democracy and Electoral Assistance (IDEA), TRUSTAFRICA, LEGS AFRICA, etc. Après le lancement en juillet 2018 du numéro zéro produit par des personnalités africaines de toutes les régions et présenté à l’opinion nationale et internationale en juillet 2018 (voir Résumé exécutif joint), nous enclenchons l’élaboration du RASA numéro Un. Le thème central porte sur « Les souverainetés des sociétés africaines face à la mondialisation ».

Cette initiative RASA se veut une entreprise de réparation/correction et de renversement des idéologies qui favorisent une entreprise de « subalternatisation » et de soumission des mondes en développement aux logiques et intérêts dominants du capitalisme mondialisé. Les initiateurs de ce Rapport ont comme ambition centrale d’affirmer et de porter une autre lecture des dynamiques du continent pour faire émerger d’autres visions endogènes, capables d’améliorer le bien-être des populations. Le RASA défend une approche radicalement nouvelle qui centralise les dynamiques socioéconomiques réelles et non supposées. Les analyses présentées par le RASA veulent suivre à la trace les trajectoires empruntées par les différents pays africains dans ce qu’ils ont de commun mais aussi de singulier.

Clarification conceptuelle

Il semble nécessaire dès l’entame de notre propos de procéder à une clarification conceptuelle des notions de « souveraineté ». Cette clarification devrait permettre de préciser et de conduire notre approche méthodologique. Ainsi, il faudra formuler ce que recouvrent les notions de souveraineté populaire et de souveraineté nationale. Si elles semblent se recouper largement, elles sont fort différentes dans leurs implications politiques, économiques et sociales et leur mode opératoire. La souveraineté n’est pas ici comprise comme une approche juridique technicisée mais plutôt comme une vision politique de réhabilitation d’un développement humain et social du dedans. Ainsi, la souveraineté nationale peut être appréhendée selon un spectre large, interpellant les dimensions politique, économique, actorielle, numérique, alimentaire, énergétique...

La souveraineté populaire a été défendue à l’origine par des philosophes révolutionnaires « radicaux » tels que Jean-Jacques Rousseau, notamment dans la proposition de son Contrat social[1]. Dans cette perspective, chaque citoyen détient une part de souveraineté inviolable qui se traduit traditionnellement par un régime de démocratie directe (ou pure), avec suffrage universel direct, puisque nul ne peut être dépossédé de la part de souveraineté conférée à chaque citoyen[2]. La souveraineté populaire repose sur le peuple, qui est donc un ensemble réel, qui prend en compte les vivants, contrairement à la souveraineté nationale.

La souveraineté nationale est une notion fort différente de la souveraineté populaire. Selon la conception de la souveraineté nationale, celle-ci appartient à la nation, qui de fait est une entité abstraite et indivisible. Cet ensemble est fictif puisqu’il ne se limite pas aux seuls citoyens présents, mais inclut les citoyens passés et futurs ; elle est supérieure à la somme des individus qui la composent. Ce qui soulève la difficulté de l’expression directe de la souveraineté nationale, matériellement impossible. C’est pour cela que le peuple aura recours à des mandataires démocratiquement élus, ayant un mandat impératif. Ces élus seront tenus de faire exactement ce pour quoi ils ont été élus. Ils devront exécuter ce que leur demandent leurs électeurs. En effet, ils ont pour obligation d’agir pour le bien et le compte de leurs électeurs (et non pour l’intérêt commun), et s’ils ne le font pas, ils pourront alors être révoqués. La volonté du peuple étant souveraine et inviolable.

Une Afrique souveraine dans une économie mondialisée ?

Le capitalisme mondial contemporain est une construction complexe d’États souverains en principe, de peuples et de nations, qu’elles soient « homogènes » ou pas, et de classes sociales définies par le conflit de répartition capital/travail. Sa philosophie constitue le fondement même du système capitaliste. L’existence de ces conflits entre États et les luttes des classes en leur sein s’entrelacent en une étroite relation d’interdépendance avec les luttes sociales. Les issues de ces luttes dépendent de la manière dont les différents blocs dominants exploitent les possibilités dont ils disposent sur la scène internationale. La conclusion d’alliances des classes dominées, capables de créer une « meilleure alternative globale », est de ce fait compromise par de sérieux obstacles. Le capitalisme mondial contemporain est liberticide lorsqu’il émet l’hypothèse d’un marché planétaire dans lequel les acteurs économiques, doivent participer à la compétition dans les mêmes conditions, à armes inégales avec des concurrents bien plus aguerris et mieux accompagnés par les politiques publiques de leurs pays[3]. Cette perspective néolibérale cherche à appliquer les préceptes du libre-échange : nous le constatons, les préceptes de la doxa néolibérale, outre le fait de rogner les maigres revenus des pouvoirs publics, renforce les positions subalternes des pays en développement dans le maintien de leurs positions compétitives. Les politiques économiques ne font pas l’objet d’une concertation effective intégrant les points de vue des différents groupes de la population. Tout au plus on s’arrête au niveau des premières étapes (information, consultation du bout des lèvres, etc.) de la participation telle que définie par l’échelle de Sheryl Arnstein (1969)[4]. Que signifie une souveraineté populaire, si le peuple n’est pas consulté lors des choix qui l’engagent ? Peut-on parler de souveraineté nationale alors que les États sont contraints de participer à une compétition dont les règles leur sont imposées ? Peut-on parler de souveraineté dans le contexte d’un modèle de développement fondé sur l’insertion des pays africains à l’économie mondiale, sans aucune alternative possible ? Comment réinterpréter le protectionnisme éducateur tel que proposé par Friedrich List ?[5]

Le capitalisme est théoriquement fondé sur un marché intégré à trois dimensions (marché des biens et services, marché des capitaux et marché du travail). Mais le capitalisme, en sa qualité de système mondial, est fondé sur l’expansion globale du marché dans ses seules deux premières dimensions, car l’établissement d’un marché du travail mondial reste entravé par la persistance de barrières politiques étatiques et le contrôle des migrations internationales. La globalisation de l’économie est de ce fait limitée. Pour cette raison, le capitalisme effectif est nécessairement polarisant au niveau mondial ; et le développement inégal qui en découle devient une contradiction des temps modernes particulièrement violente, une contradiction croissante, indépassable dans le cadre du déploiement de la logique du capitalisme actuel.

La souveraineté des périphéries passe-t-elle par une déconnexion du système capitaliste ?

Selon Samir Amin (2012), le soutien ou le rejet de la souveraineté nationale font l’objet de graves malentendus tant que le contenu de classe de la stratégie dans laquelle ils s’inscrivent n’est pas saisi. Le bloc social dominant dans les sociétés capitalistes conçoit toujours la souveraineté nationale comme un instrument permettant de promouvoir ses intérêts de classe ; à savoir l’exploitation capitaliste du travail domestique et, simultanément, la consolidation de ses positions dans le système mondial. Aujourd’hui, dans le contexte d’un système libéral mondialisé et dominé par les monopoles financiarisés de la « triade » (États-Unis, Europe, Japon) et des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), la souveraineté nationale est l’instrument qui permet aux classes dirigeantes de maintenir leurs positions compétitives au sein du système. Le gouvernement des États-Unis offre l’exemple le plus illustratif de cette pratique permanente : la souveraineté y est conçue comme le domaine réservé du capital monopolistique états-unien et, à cette fin, la primauté est accordée au droit national des États-Unis sur le droit international. Dans le passé, c’était également la pratique des puissances impérialistes européennes et les principaux États européens continuent de le faire à l’intérieur de l’Union européenne[6].

D’aucuns pensent, et ce sont les plus nombreux relayant les commandements du Washington Consensus, que la souveraineté se joue dans des stratégies d’insertion à l’économie mondiale. Ainsi, les auteurs rassemblés autour de cette hypothèse réifient le modèle de la petite économie ouverte, qui constitue le substrat des plans d’ajustement structurel des Institutions financières internationales (Fonds monétaire international et la Banque mondiale). D’autres, à l’instar de Samir Amin (1990)[7], pensent que l’exercice de la souveraineté ne peut se faire sans une stratégie radicale de déconnexion vis-à-vis du système capitaliste mondialisé. Plutôt que de procéder à une évaluation comparative des performances et des limites des deux systèmes, les études des groupes nationaux de travail doivent mettre la focale sur le contenu de classe de la stratégie dans laquelle il s’inscrit et la philosophie (doctrine) qui le fonde.

Le Numéro Un du RASA veut s’appuyer sur les équipes pays que constitue le panel[8] pour documenter des analyses et des dynamiques souvent escamotées ou ignorées dans les rapports classiques et s’emploie à exhumer ou réhabiliter les véritables évolutions des sociétés africaines actuelles dans le sens de leur autonomie et de leur souveraineté. L’objectif est d’identifier les invariants et les débuts de changement à l’œuvre en Afrique, à l’orée du XXIème siècle. Cette identification analytique devrait conduire à des propositions de scénarii à partir desquelles des stratégies peuvent être définies et proposées à l’échelle nationale, sous régionale et continentale.

 


 

Caractériser et analyser les trajectoires vers la souveraineté dans un contexte de globalisation

Les contributions attendues devront, autant que faire se peut, approfondir une des thématiques abordées ci-après :

 

  1. La souveraineté intellectuelle

Évaluer et caractériser l’existence d’une pensée et de stratégies qui ambitionnent de redéfinir le « développement » à l’aune des réalités africaines… par exemple :

  1. Quels sont les présupposés et les postulats (corpus idéologique) des approches pays/CER/UA pour susciter et favoriser un « développement durable » en ligne avec les besoins, réalités, aspirations et intérêts des Africains ?
  2. Quelles options de refondation/renouvellement des approches sur le « développement » peuvent être induites des pratiques de l’économie populaire, sociale et solidaire (EPSS[9]) ? Quid de la préférence nationale/communautaire ?
  1. La souveraineté économique :
    1. Présenter de manière critique l’état du bien-être des populations via une analyse critique de l’évolution des indicateurs caractéristiques de la situation macroéconomique du pays. En quoi ses indicateurs reflètent-ils la situation réelle de bien-être des populations ? Les secteurs et branches qui portent la croissance devront également retenir l’attention des équipes pays. Quels sont les secteurs oubliés ? Quels sont les secteurs faiblement impliqués ? Les secteurs moteurs de la croissance sont-ils redistributifs ? La croissance est-elle appauvrissante ? Les biens et services produits sont-ils tournés vers les besoins de la demande intérieure de l’économie ? Ou s’inscrivent-ils dans la perspective extravertie de développement défendue par les institutions financières internationales ?
    2. Présenter les indicateurs socio-éco-démographiques des habitants du pays selon le classement de l’IDH du PNUD[10].
    3. En parallèle présenter les réformes type Doing Business qui sont entreprises et le classement Doing Business des pays du panel afin de pouvoir répondre à la question : en quoi les réformes du Doing business impactent-ils négativement les populations et les communautés du pays ?
    4. Identifier et proposer une économie politique (jeux d’acteurs) des acteurs économiques (tenants des secteurs, rapports de force, etc.), présenter et analyser leurs cadres et modes d’organisation et leurs logiques internes de fonctionnement.
  • La souveraineté actorielle :
    1. Saisir la complexité des acteurs, des classes et forces sociales et de leurs interactions ; Comment les dynamiques actorielles s’inscrivent-elles (ou pas) dans les stratégies nationales ? Quelles sont leurs revendications ? Sont-elles prises en compte ? Ces acteurs portent-ils des alternatives ? Si oui, quelles sont-elles ?
    2. Identifier les enjeux et les stratégies mises en œuvre pour échafauder des réponses au défi du développement humain socialement durable, à partir d’une analyse des forces, faiblesses, défis et opportunités dans un monde en pleine accélération.
    3. Proposer une présentation des alliances entre les forces internes et les forces externes, montrer comment elles structurent les politiques nationales.
    4. Le pays a-t-il remis en question récemment ses modes ou bases de calcul de l’évolution des richesses et du bien-être des populations ?
  1. La souveraineté financière ou comment financer le développement :
    1. Comment est financé le développement humain socialement durable ? Présenter une évolution comparée de l’aide publique au développement, des investissements directs étrangers, des envois de fonds des migrants et des sorties de devises liées aux bénéfices rapatriés par les entreprises étrangères installées dans le pays depuis 2010. Le budget du pays est-il orienté vers l’atténuation des déficits ? Quel est le coefficient d’indépendance budgétaire du pays ?
    2. Si des stratégies mises en œuvre présentent des innovations, quelles sont-elles ? Qu’apportent ces innovations à l’intérêt général et à l’autonomie du pays ? Quels sont les impacts sociaux qu’apportent ces innovations ? Les stratégies de croissance déployées sont-elles résilientes ? S’inscrivent-elles dans une perspective de développement local durable ? Adoptent-elles une démarche de construction « éco-soutenable » des territoires ? Celle-ci est-elle pensée comme nécessairement « anthropo-biocentrique » (Magnaghi, 2003)[11], c’est-à-dire braquée sur les besoins des hommes et le respect des équilibres du milieu?
    3. Quelles sont les forces locales qui portent ces innovations ? Quels types de relations ces forces entretiennent-elles avec les forces dominantes du système capitaliste globalisé ? Ces relations sont-elles partenariales, c’est-à-dire soumises au capitalisme globalisé ou conflictuelles avec les forces dominantes, c’est-à-dire se dotant d’une souveraineté politique ou en tout cas s’armant de cette volonté ?
    4. Les entreprises privées qui composent les branches motrices de la croissance sont-elles entre les mains des investisseurs étrangers ? Quel est le ratio « Investissement national/Investissement total » ? Quelle est la part des entreprises étrangères (ou des entreprises nationales) dans le produit intérieur brut (PIB) ? Quelle est la répartition des entreprises selon la nationalité des investisseurs ?
    5. Quelles tendances pour une souveraineté monétaire ? Quels sont les débats en cours ? Quelles sont les positions défendues par les différentes parties ?
  2. La gestion des ressources naturelles extractives et foncières :
    1. Cette question est à nos yeux d’une importance capitale. Ce point clé mérite que l’on s’y attarde afin de déterminer si la gestion des ressources est conçue comme une stratégie de développement autocentré. Les pays africains appliquent-ils des logiques de zones franches (comme en Inde) qui produisent un effet d’aubaine en proposant des politiques fiscales et sociales compétitives et attractives ? Les lois foncières centralisent-elles la privatisation comme mode de gouvernance, qui favorise la course à la terre en Afrique au détriment de la gestion coutumière ? Sommes-nous face à des États qui utilisent les ressources comme moyen de financement d’une politique économique et sociale progressiste et inclusive ?
    2. Quelles stratégies innovantes et souveraines de maitrise et de gouvernance des ressources extractives sont mises en place par le pays ? Quelle évaluation peut-on en faire ? Dans quelle mesure les populations en bénéficient-elles ? Quel est le niveau de compréhension des enjeux par les populations ? Les résistances existent elles et comment s’organisent-elles ? Dans ces secteurs d’extraction, mesurer la part des investisseurs privés étrangers et celle des investisseurs nationaux.
  3. La souveraineté alimentaire :
    1. Comment sont couverts les besoins alimentaires ? Par une approche de sécurité alimentaire, qui sera tributaire des importations de produits agricoles et alimentaires ? Le pays fait-il le choix d’une approche de souveraineté alimentaire, c’est-à-dire tournée vers le développement d’une agriculture paysanne locale irriguée et moderne capable de répondre aux besoins alimentaires des consommateurs ? Quel est l’état des marchés intérieurs ? De quelle façon participent-ils à la satisfaction des besoins alimentaires des populations locales ?
  • La souveraineté énergétique :
    1. Quelle souveraineté énergétique est poursuivie ? Les énergies alternatives sont-elles localement accessibles ? Quelle place occupent-elles dans les stratégies mises en œuvre ?
  • La souveraineté des mobilités et des migrations :
    1. Quelle stratégie ou politique souveraine de gestion des migrations est mise en place dans votre pays ? Les politiques de jeunes et les stratégies économiques intègrent elles des réponses aux migrations économiques qui par la force des choses ont pris un tournant désespérément suicidaire ?
    2. Quels sont les dispositifs et politiques mis en place pour accompagner les migrations liées aux changements climatiques ?
  1. La souveraineté numérique dans une économie de la connaissance mondialisée :
    1. Quatrième révolution autour du savoir, des biotechnologies et du numérique : quelle compréhension de cet enjeu dans votre pays ? Quelle stratégie d’anticipation de la part de l’État et des organisations de la société civile peut-on y lire ? quelles innovations clés et souveraines sont à l’œuvre ou à prévoir ? Les systèmes existants ou envisagés sont-ils capables de répondre à la souveraineté numérique ? Les politiques publiques de votre pays peuvent-elles garantir la protection des données de ses administrations et de ses citoyens face aux géants du Big Data (Google, Facebook, etc.) ? Existe-t-il des politiques lisibles et accessibles pour la maîtrise des informations et des libertés des usagers ? Les technologies numériques constituent-elles un levier de transformation sociale ?
    2. Quelles sont les politiques de recherche mises en place ? Quelle politique d’enseignement supérieur et de formation liée à cette problématique ? Quelle évaluation peut-on en proposer ?
  2. Défense et souveraineté nationale :
  3. Votre pays a-t-il les moyens de la défense de son intégrité ? Une défense nationale souveraine est-elle possible dans le contexte actuel des accords militaires et des bases militaires étrangères implantées dans certains pays africains ? Votre pays est-il concerné par ses accords et installations militaires ? Quelle analyse faites-vous de la situation ?
  4. Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI), Boko Haram, Al-Shebab, Al-Mourabitoune, Ansar al-Charia et d’autres groupuscules djihadistes sévissent régulièrement sur le continent et constituent des menaces très sérieuses à la paix sociale, condition sine qua none du développement. Les pays sont-ils en capacité de lutter contre et de neutraliser les forces djihadistes déstabilisatrices internes telles que le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest(MUJAO) ou Boko Haram ? Les moyens mis en œuvre sont-ils à la hauteur du défi tel qu’il s’exprime ? Sachant qu’il existe un déficit d’études africaines sérieuses et approfondies sur ces questions.
  5. Souveraineté culturelle
    1. Quelle est l’importance accordée à la culture dans la reconquête de la confiance des citoyens ?
    2. Quelle est la place de l’enseignement de la culture dans les systèmes éducatifs ?
    3. Comment est appréhendée la perspective de la décolonisation de l’histoire africaine, y compris dans les réformes scolaires et universitaires ? Avec quels succès ? Quelles contraintes à lever ?
    4. Y a-t-il des références à une(des) valeur(s) locale(s) qui guiderai(en)t l’action des dirigeants et les pratiques citoyennes, organisationnelles et institutionnelles ?
    5. Y a-t-il un travail sur les toponymies et leur lien avec une identité africaine positive ?
    6. Les politiques culturelles contribuent-elles à un rayonnement international de la culture du pays ? Quel état des lieux peut-on en proposer ? Existe-t-il une stratégie économique de la culture ? Quels sont ses coûts/avantages ?
    7. Quel recours aux mécanismes endogènes de régulation pour prévenir et traiter les conflits entre individus et groupes et pour améliorer le Droit moderne ?
  • Panafricanisme et renforcement des processus d’intégration régionale
  1. Quel est le niveau d’intégration de l’idée d’appartenance transnationale et panafricaine dans la société, les institutions et les politiques du pays ?
  2. Quelles manifestations d’« une approche régionale ambitieuse fondée principalement sur l’autonomie collective » (Cf. Plan d’action de Lagos) des peuples d’une Afrique significative, durable et développementale ?
  3. Quelles sont les trajectoires des régionalismes dans lesquels s’inscrit le pays ?
  4. Quelles sont les tendances politiques, économiques et socioculturelles structurantes concernant le panafricanisme ?
  5. Quel est le niveau d’intégration de l’idée d’appartenance transnationale et de panafricanisme dans la société, les institutions et les politiques ? Les autres africains ont-ils un statut positif dans le pays ?
  6. Quels sont les avantages, inconvénients, risques, menaces et opportunités de la ZLECaf pour le pays ? Quels sont les impacts des Accords de partenariats avec des puissances économiques d’autres continents (exemple : Accords ACP-UE, APE, etc.) ou des Accords Multilatéraux sur la mise en place et la portée des instruments d’intégration africaine ?
  7. Quels liens avec les afro-descendants des continents américains, asiatiques, etc., et quelle(s) contribution(s)/intégration de la diaspora dans la construction panafricaine ?

Attendus du RASA Numéro Un

La contribution que vous proposez est attendue pour fin septembre 2019. Elle ne devra pas dépasser 20 pages (Arial 12, interligne simple, marges 3). Cette contribution aura une portée générale et devra éclairer et approfondir l’analyse d’une ou de plusieurs thématiques connexes parmi les douze thématiques recensées par l’appel à contributions. Cette contribution devra avoir une portée générale susceptible de guider ou d’alimenter les politiques publiques. Les contributions attendues devront dépasser le stade d’état des lieux pour proposer des alternatives ou contribuer à alimenter les pensées critiques de la prospective pour des futurs africains souverains.

Temporalités :

  1. Une proposition doit être envoyée en fin janvier 2019. Elle doit préciser l’objet de la contribution en soulevant une problématique claire ciblant une des thématiques retenues pour le Numéro Un du RASA. Cette problématique doit être suivie des objectifs de la contribution, des questions qui la structurent et du découpage du travail proposé.
  2. Une contribution intermédiaire doit être envoyée au Secrétariat permanent du RASA, montrant l’avancement du travail et permettant aux membres du comité scientifique de donner un avis sur l’orientation prise par le travail.
  • A la fin du mois de Septembre, la version finale doit parvenir au Secrétariat permanent, afin qu’une évaluation finale puisse être apportée pour permettre la finalisation de la contribution.

 

[1] Jean-Jacques Rousseau, 2001 (1762 édition originale), Le contrat social ou Principes du droit politique, Flammarion, (préface de Bruno Bernardi).

[2] Il ne s’agit donc pas d’une démocratie procédurale et fictive. Cette approche de la démocratie est en porte-à-faux avec les modes de fonctionnement de la démocratie athénienne. Son système n’admet pas de citoyens de seconde zone ni d’exclusion, sauf pour des raisons qui menacent la sécurité intérieure ou l’exercice même de la démocratie.

[3] Voir les règles qui régissent l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

[4] Sheryl Arnstein, 1969, « A Ladder Of Citizen Participation », Journal of the American Institute of Planners, n° 35, vol. 4, p. 216-224.

[5] Friedrich List est un économiste allemand et théoricien du « protectionnisme éducateur » ainsi que du Zollverein, l’union douanière allemande. Le protectionnisme ne doit être qu'une phase dans le développement industriel des nations. Le protectionnisme permet de forger de nouveaux avantages comparatifs (construits ?) pour les pays en développement. Son argumentation consiste à penser qu’à sa naissance, une nouvelle industrie ne peut être compétitive en raison de sa taille limitée et des délais d’apprentissage nécessaires. Pour permettre à cette industrie dans « l’enfance » de résister à la concurrence étrangère, une protection provisoire et dégressive doit être instaurée. Ce qui se traduit par un accompagnement des choix de spécialisation dans un premier temps pour les pays en développement et dans un second temps pour les pays développés. Les pays développés justifient le recours au protectionnisme ciblé en cas de crise de vieilles industries ayant perdu leurs avantages comparatifs.

[6] Samir Amin, 2012, L’implosion du capitalisme contemporain, Paris, Éditions Delga. Dans le chapitre 4, l’auteur discute de la question spécifique de l’Europe.

[7] Samir Amin, 1990, « Delinking », Londres, Zed Books.

[8] Le panel est composé des pays suivants : Afrique du Sud, Angola, Cap-Vert, Égypte, Éthiopie, Ghana, Maroc, Maurice, Niger, Nigéria, Sénégal, Tanzanie et, Zambie. Ce panel ne se veut pas représentatif et encore moins exhaustif. Il a pour ambition d’étayer les propos exposés dans le numéro Un du Rapport Alternatif sur l’Afrique. Le choix des pays est fait en tenant compte des différentes Communautés économiques régionales africaines. L’option prise de travailler sur un panel d’une dizaine de pays doit permettre de rendre compte par des études de cas et des monographies les tendances à l’œuvre dans le continent africain.

[9] L’EPSS renvoie aux « activités économiques à finalité sociale, visant le développement durable, responsabilisant les populations et favorisant la confiance et la redistribution équitable des richesses et des chances. (Cf. Enda tiers-monde, 2014, Rapport final du colloque-forum international consacré au "Rôle et portée de l'Économie populaire sociale et solidaire (EPSS) dans la transformation structurelle des économies du Sud", Dakar, Décembre 2014.

[10] L’indice de développement humain (IDH) du programme des nations unies pour le développement (PNUD), est conçu à partir du paradigme du développement humain socialement durable. L’IDH est une mesure statistique composite du développement. Il est défini selon trois critères principaux qui sont eux-mêmes un faisceau de préoccupations. L'IDH se fonde sur : le PIB par habitant à la parité de pouvoir d’achat, l’espérance de vie à la naissance et le niveau de scolarisation des enfants et d’alphabétisation des adultes. Le concept du développement humain socialement durable est plus large que ce qu’en décrit l’IDH qui n’en est qu’un indicateur, créé par le PNUD pour évaluer ce qui n’était mesuré auparavant qu’avec imprécision. Pour de plus amples discussions sur ce sujet, voir l’Axe 5 du Numéro Zéro du RASA (2018), intitulé « Mesures, indicateurs, indices : quelles alternatives ? », pp. 98-105.

[11] Alberto Magnaghi, 2003, Le Projet local, Sprimont, Mardaga.

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Dernière modification le mardi, 05 février 2019 13:46

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