la CEDEAO n’a pas encore réussi à s’arracher des griffes institutionnelles, de la bureaucratie et jeux d’intérêts des États pour devenir la « CÉDÉAO des Peuples »- Dr Cheikh Tidiane DIEYE

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Le Traité Fondateur, le Traité révisé ainsi que les différents protocoles, règlements, directives, etc. de la CEDEAO, volontairement adoptés et signés par les Chefs d’États, ont consacré: (i) la citoyenneté des ressortissants des États membres de la CEDEAO, (ii) la libre circulation des personnes, des biens et des services, (iii) le droit d’établissement et de résidence, (iv) le droit à la santé, à l’éducation, à l’alimentation, à la liberté d’expression, à la démocratie, à la justice. Il y a eu, certes, des avancées remarquables sur le chemin de l’intégration. Mais globalement la CEDEAO n’a pas encore réussi à s’arracher des griffes institutionnelles, de la bureaucratie et jeux d’intérêts des États pour devenir la « CÉDÉAO des Peuples »:1. Des retards dans les dossiers clefs d’intégration, notamment la monnaie commune (ECO), symbole de la souveraineté monétaire régionale qui a été détourné de sa vocation initiale et plombé par l’impréparation technique et le manque de volonté politique, réduisant à néant des dizaines d’années d’efforts, sans consultation préalable des peuples ;2. Le gaspillage excessif des ressources de la communauté par les instances dirigeantes (Statutaires, Réunions des Ministres et des Chefs d’Etats) de la Communauté ;3. La forte politisation des Statutaires des Institutions de la CEDEAO, qui représentent non pas les aspirations et les intérêts des citoyens de la communauté mais ceux du Président ou des partis politiques dans leurs propres pays;4. Des décisions illégales et illégitimes, conduisant à des sanctions économiques excessives, disproportionnées et dangereuses contre le peuple malien ainsi qu’à des pressions exercées sur les acteurs de la crise pour les pousser à prendre des engagements irréalistes au vu de la profondeur de la crise sécuritaire, institutionnelle, économique et sociale qui frappe ce pays ;Ce sont là quelques maux auxquels il faudra s’attaquer sans retard. Le 57e Sommet qui se tient en ce moment à Niamey doit prendre toutes ses responsabilités pour éviter que le processus actuel de rejet de la CEDEAO par les citoyens n’écorne davantage l’image de l’institution et sape sa légitimité. Voici, ci-dessous, quelques-unes des propositions urgentes que nous faisons aux Chefs d’Etat de la Communauté: 1. Réviser le Protocole A/SP1/12/01 sur la Démocratie et la Bonne Gouvernance pour Interdire, proscrire, mettre hors la loi et/ou refuser définitivement et de manière définitive tout changement, altération et/ou modification de la Constitution ou de tout Statut en vigueur d’un État membre de la CEDEAO, dans sa nature ou sa période, visant ou destiné à rendre ce dernier éligible pour un troisième mandat. Autrement dit interdire les 3e Mandat dans la CEDEAO comme il est interdit, dans ce même Protocole, tout changement constitutionnel 6 mois avant des élections. 2. Dépolitiser la Commission de la CEDEAO en réduisant sans délais le nombre de Statutaires à un maximum de cinq (5) au sein de la Commission de la CEDEAO (au lieu des 16 budgétivores actuellement représentant chaque Etat Membre) : Ceci est un impératif de gestion et une garantie pour économiser de précieuses ressources pouvant être investies dans des projets de développement régional qui profiteraient aux citoyens de la Communauté.;3. Mettre en place sans délai et rendre fonctionnel le Conseil Economique et Social de la CEDEAO, comme émanation des représentants des Organisations Socio-professionnelles et de la Société Civile des Etats Membres de la CEDEAO en tant qu’organe consultatif autonome sur les sujets économiques, sociaux et de développement de la Communauté ;3. Supprimer définitivement, et une fois pour toutes, les tracasseries routières, brimades, extorsions et humiliations subies par les citoyens de la Communauté au niveau des frontières et le long des corridors et garantir la libre circulation des marchandises et des personnes conformément au Traité de la CEDEAO et au Protocole sur la Libre Circulation des personnes, le Droit de Résidence et le Droit d’Etablissement ;4. Reconsidérer les sanctions économiques excessives, disproportionnées et dangereuses contre le peuple malien afin d’éviter de renforcer les difficultés économiques auxquelles les Maliens font face ainsi que la pauvreté, celles-ci pouvant engendrer de graves risques pour la sécurité et la stabilité du pays ;188Personnes touchées10InteractionsBoost indisponible

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