« L’économie malienne ne va pas chuter, mais va évoluer », Pape Demba Thiam, économiste

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People walk by storefronts in front of a colonial-era cathedral in Bamako February 12, 2013. The cathedral, situated in downtown Bamako, was built in 1927 by the French colonizers. The late Pope Jean Paul II visited the cathedral in 1990. Catholics in Mali, a 90 percent Muslim country, represent a small but vibrant minority in the landlocked West African country. Picture taken February 12, 2013. REUTERS/Joe Penney (MALI - Tags: RELIGION SOCIETY)

Toujours sous le joug des sanctions de la Cédéao, l’État du Mali a enregistré en cette fin de semaine deux nouveaux défauts de paiement sur le marché régional. Depuis le 7 janvier, date des premières sanctions, le montant des impayés du pays s’élève à près de 230 milliards de francs CFA. Mais pour l’économiste Pape Demba Thiam, l’économie tient bon et est même en passe de se réorienter pour tenir.PUBLICITÉ

Ancien fonctionnaire international, l’économiste sénégalais Pape Demba Thiam, ne porte pas le même regard que certains de ses confrères sur les sanctions économiques et s’interroge sur l’impact qu’elles ont actuellement.

« Ce défaut de paiement était programmé dans la mesure où ce sont les instances régionales comme la BCEAO [Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest] qui ont décidé de dicter des sanctions. Donc, c’est difficile de dire qu’on retient la capacité d’un pays à honorer ses échéances parce qu’on détient son argent tout en voulant le sanctionner une deuxième fois parce que le pays n’aura pas honoré ses engagements, affirme l’économiste sénégalais. Je ne suis pas sûr que l’asphyxie du « coup chaos » qui avait été recherché puisse fonctionner, dans la mesure où le gouvernement malien a la possibilité de mobiliser ou d’accroître la production d’or et liquider cet or. »

Le Mali va réorienter son économie

Pour Pape Demba Thiam, l’économie malienne ne va pas chuter, mais va évoluer. « La deuxième chose, c’est qu’aujourd’hui, les investisseurs auraient pu avoir peur de la situation malienne, mais vous savez aussi bien que moi que l’économie de guerre est l’économie où l’on fait le plus d’argent. Il me paraît étonnant que des gens aient pu penser que depuis le 9 janvier, le Mali devait tomber dans les deux semaines et que le pays est toujours debout. Je crois qu’on est en train d’offrir au Mali la possibilité de réorienter son économie et de l’internaliser avec une densité de flux internes qui soit beaucoup plus importante. Et les pays africains risquent de se joindre à cette démarche-là ».

Source: RFI