Hausse des prix des produits alimentaires, c’est maintenant qu’il faut s’y préparer, par Cheikh Ahmed Tidiane Sy

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Tous les analystes et organisations internationales s’accordent sur une hausse des prix des principales matières agricoles comme le blé, le maïs, l’huile de tournesol et les produits pétroliers au cours des prochains mois.
Le Sénégal a l’obligation de s’y préparer si on ne veut pas vivre des lendemains incertains et tomber sous le coup d’émeutes de la faim sur fond de tensions politiques comme nous l’avons déjà vécu durant la crise sanitaire.
Quelques pistes de réflexion pour s’y préparer :

  1. Préparer la campagne agricole par une grande offensive type GOANA réajustée en accompagnant les producteurs dans la mise à disposition effective des intrants et leur subvention en mettant en place un comité ad hoc composé de techniciens, de députés des différents groupes parlementaires (pouvoir et opposition), de représentants des organisations professionnelles des différentes filières. Ceci, pour éviter un accaparement par la mafia des intrants.
  2. Démarrer un vaste programme de production dans les DAC opérationnels (comme SEFA) en impliquant le privé national dans l’exploitation. On pourra envisager un programme de financement spécial avec la Banque Agricole, la BNDE et la DER pour accompagner les privés qui souhaitent s’investir dans le secteur de la production agricole, notamment les industries agro alimentaires intervenant dans les différentes chaînes de valeurs agricoles
  3. Préparer une LFR orientant les ressources financières vers l’agriculture et la subvention des hydrocarbures importés pour maintenir les prix à la pompe plus ou moins stables (la BM parle d’une hausse prévisionnelle de 50% sur le prix des hydrocarbures)
  4. Lancer un programme spécial d’atteinte de 1.000.000 d’hectares irrigués à l’horizon 2030 accompagné d’une mécanisation réfléchie en évitant les erreurs passées dans l’acquisition des tracteurs.
  5. Mise en place d’un fonds d’investissement dédié à l’agriculture pour accompagner les producteurs dans la création de sociétés coopératives et le financement sous forme de participation dans des sociétés de projet adoptant des méthodes de gestion moderne et plus efficace.

Le portage institutionnel de cet ambitieux projet doit être assuré par une agence spéciale regroupant tous les intervenants du secteur agricole (SAED, SODAGRI, ANIDA, ANCAR, PRODAC, etc) en mutualisant les ressources et les plans d’action.

L’objectif de ce programme pourrait être de réduire de manière drastique les importations de produits agricoles tout en dotant les jeunes d’emplois massifs dans le secteur agricole