Dans un entretien accordé au RASA, l’économiste Demba Moussa DEMBELE revient sur la problématique de la souveraineté du continent africain. Extraits (ci-dessous)

« Il faut que l’Etat soit capable de prendre des mesures en faveur des populations contre les politiques des multinationales. Il faut que les prérogatives démocratiques de l’Etat soient préservées et non bafoués comme c’est le cas aujourd’hui. Et mêmes dans les pays développés, aux Etats unis »

« En plus, avec les fraudes fiscales, les flux financiers illicites qui font passer à travers les frontières africaines des dizaines de milliards chaque année, au minimum, c’est quelque 60 milliards que l’Afrique perd chaque année sous forme de flux financiers illicites. Tout cela est dû aux politiques imposées par ces institutions et par l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en particulier »

« Des institutions comme l’OMC, la Banque mondiale, le FMI, sont contrôlées par les pays développés; les États-Unis et l’Europe, en particulier. Par conséquent, elles ne pourront jamais contribuer à notre développement ».

« Le développement de l’Afrique doit provenir de l’Afrique elle-même et de ses enfants; parce que personne ne connaît mieux les priorités de l’Afrique que les Africains eux-mêmes et personne ne pourra jamais développer l’Afrique en dehors des africains eux-mêmes. Et l’Afrique a toute les ressources qu’il faut pour pouvoir se développer à partir de son propre paradigme »

« Il faut remettre en cause toutes ces politiques qu’on n’a pas cessé d’imposer à l’Afrique depuis au moins une quarantaine d’années »

« Il est temps que l’Afrique contrôle son développement, élabore son propre paradigme et soit la force qui mette en avant les politiques de développement pensées en Afrique et pas à Washington, à Paris, ni à Bruxelles ».