Mariame Djigo | 01/06/2021
Le Rapport alternatif de l’Afrique a été lancé par les institutions africaines et internationales telles qu’Enda Tiers Monde, Forum du Tiers Monde, CODESRIA, TRUSTAFRICA, Institut International pour la Démocratie et l’Assistance Electorale (IDEA), Fondation Rosa Luxembourg, LEGS AFRICA, IPAR, entre autres. Le premier numéro évoque les enjeux et perspectives d’une transition post-capitaliste africaine.
 
Le premier numéro du Rapport alternatif sur l’Afrique (RASA) porte sur la situation et les évolutions souhaitables du continent africain sous le prisme de la souveraineté. Selon le document qui nous est parvenu, la publication du rapport survient dans un contexte marqué par une « lourde crise sanitaire et économique » et la « confirmation de notre dépendance intellectuelle et stratégique comme le dernier sommet de Paris sur les économies africaines vient de le démontrer ».

A travers le document qui est articulé autour de sept grands axes, « les initiateurs cherchent à positionner et à approfondir une approche radicalement nouvelle qui met les dynamiques socio-économiques réelles, les innovations populaires, les ressources immatérielles, la centralité́ de la culture, le lien bioéconomique avec la nature, les pouvoirs de proximité́ au centre de la perspective ».
 
Dans le premier axe, les auteurs montrent que la «  souveraineté́ est aux prises avec l’impérialisme et l’hégémonie extérieurs d’une part, et en conflit avec ses dimensions nationale et populaire par le bas  ». Le deuxième axe porte sur la souveraineté́économique.

Pour ce point, les auteurs rappellent, dans un premier temps, que «les orientations de politique économique de l’Afrique continuent d’être prescrites par les institutions internationales comme le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale (BM), l’Organisation mondiale du commerce (OMC), l’OCDE, le Forum économique mondial  », entre autres, et dans un second temps, ils démontrent que « la forte dépendance aux IDE a facilité l’offensive des firmes transnationales que les Etats africains cherchent à attirer, traduisant un effet d’aubaine ».

Le troisième axe parle de la souveraineté monétaire. «Cette analyse s’articule autour d’un diagnostic de l’existant dans l’UMOA en matière de souveraineté́ monétaire et d’une prospective de la création d’une monnaie unique de la CEDEAO : l’Eco », lit-on dans le document. Quant au quatrième axe, il porte sur la souveraineté́ culturelle. Sur ce, « une approche transversale panafricaniste est retenue pour mettre en évidence la relation culture-économie  ».

En effet, la souveraineté au prisme de la révolution numérique fait l’objet du cinquième axe. A propos de ce point, le RASA pense que l’Afrique doit « investir dans différentes dimensions de la souveraineté́numérique ». Le sixième axe a porté sur la souveraineté́ politique et pour le RASA, il appert que « l’Etat Fédéral est la condition sine qua non pour une souveraineté́ interne et externe récupéré́e ». Pour le septième axe, le RASA a abordé les fondements et les contours d’une «  vraie puissance pour des Etats africains décomplexés et souverains »
Sud Quotidien