Le RASA dans France Culture « L’Afrique ne demande pas la charité et mérite d’être traité sur un pied d’égalité »

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« Des intellectuels et des économistes africains ont également rappelé que le continent ne demandait pas la charité et méritait d’être traité sur un pied d’égalité »

https://www.franceculture.fr/emissions/cultures-monde/aide-internationale-la-nouvelle-donne-34-programme-de-developpement-la-voix-africaine

26 mai 2021 – AIDE INTERNATIONALE : LA NOUVELLE DONNE (4 ÉPISODES) – Épisode 3 : Programmes de développement, la voix de l’Afrique, FRANCE CULTURE

Le 18 mai se tenait à Paris le sommet sur le financement des économies africaines. L’occasion pour de nombreux politiques et intellectuels africains d’appeler à repenser les mécanismes de l’aide au développement sur une base plus équitable, au sein de laquelle l’Afrique aurait aussi son mot à dire.

Plus d’une trentaine de chefs d’Etats africains étaient réunis à Paris, ce 18 mai, lors du sommet sur les économies africaines pour discuter des besoins de financement du continent face à la crise sociale et économique provoquée par la pandémie. Si le Président Macron, à l’initiative de l’événement, s’est félicité de la mise en place d’un « new deal » pour les pays africains, d’autres voix plus critiques se sont également fait entendre, à l’instar du Président sénégalais Macky Sall qui plaide pour de nouvelles relations basées sur la « co-construction » plutôt que sur la dépendance et l’assistanat. 

Des intellectuels et des économistes africains ont également rappelé que le continent ne demandait pas la charité et méritait d’être traité sur un pied d’égalité. Il faut dire que l’aide au développement est de plus en plus critiquée. Certains dénoncent son inefficacité, tandis que d’autres soulignent son effet de mise sous tutelle.
Mardi 25 mai, la première édition du Rapport Alternatif sur l’Afrique (RASA) est parue à Dakar à l’occasion de la Journée Mondiale de l’Afrique. Ses auteurs se sont demandés comment l’Afrique peut reprendre son destin en main et faire entendre sa voix. Pour la première fois, ce rapport propose un état des lieux du continent par et pour les africains. Intellectuels, chercheurs et acteurs de la société civile se sont interrogés sur « Les souverainetés des sociétés africaines face à la mondialisation » et sur les solutions que l’Afrique pouvait elle-même élaborer à ses problèmes.

Faut-il voir dans cette initiative les bases de nouveaux rapports entre les pays africains et leurs partenaires ? Ces voix critiques seront-elles assez fortes pour pousser à revoir les mécanismes de l’aide au développement et en corriger les failles ? Les sociétés africaines ont-elles enfin leur mot à dire sur les modèles de développement économiques et sociaux qu’elles souhaitent mettre en place pour leur avenir ?

Conversation avec Cheikh Guèye, géographe, coordinateur de la Plateforme Stratégique Commune de l’ONG sénégalaise « Enda Tiers Monde » et contributeur au Rapport Alternatif Sur l’Afrique (RASA) et Gilles Yabi, économiste et politiste, fondateur et directeur de WATHI, think tank citoyen, participatif et multidisciplinaire sur les dynamiques ouest-africaines et ancien journaliste à Jeune Afrique.

Consultez le rapport Alternatif sur l’Afrique dont la version 1 est parue mardi 25 mai : ici.  

La déconnexion ne veut pas dire l’autarcie, il s’agit d’une forme d’intelligence pour reprendre des secteurs économiques et les relocaliser. Par exemple, pour l’agriculture, l’idée est d’éviter l’envahissement des terres paysannes les plus fertiles par des compagnies internationales venant d’Europe, d’Asie ou d’ailleurs, car cela génère des conflits et nous empêche d’accéder à l’autosuffisance alimentaire. Cheikh Guèye

Dans le rapport, on parle des souverainetés africaines : la dynamique régionale et panafricaine est très importante. C’est pourquoi, pour l’agriculture, il y a un premier niveau avec les politiques nationales, puis la coordination des politiques à l’échelle d’une organisation comme la CEDEAO en Afrique de l’Ouest pour connecter les dynamiques de chacune des régions du continent. Gilles Yabi